Pogány Ö. Gábor - Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 1. szám. (MNG Budapest, 1970)

L'ART HONGROIS À PARIS Il y a bien quatre années que les prestigieux objets d'art exposés d'abord à Paris, été 1966, et plus tard à Budapest, ont regagné leurs collections et musées respec­tifs. Ce bref recul du temps n'a pas encore terni le souvenir de ces expositions et permet d'en formuler une opinion objective. La présentation de ces œuvres, une véritable manifestation artistique, fut la première exposition qui fit connaître aux visiteurs toute l'évolution de l'art hon­grois, de l'époque de la conquête du pays au IX e siècle jusqu'à nos jours. Elle doit encore son importance au fait que cette première revue de l'art hongrois dans son évo­lution ininterrompue a eu lieu à Paris où le goût affiné du public pour l'art ancien et pour l'art moderne se porte en nombreuses directions et où une exposition d'une telle portée révèle naturellement les grandes perspectives de l'art européen. Nous aussi avons voulu montrer par la présentation d'objets d'art très divers, tableaux, sculptures, sculptures sur bois, manuscrits anciens, vêtements sacer­dotaux, orfèvreries, céramiques, médailles, dessins et gra­vures, l'adaptation naturelle de notre art au climat euro­péen. Cette tendance a déterminé le plan de l'exposition qui, dans l'ordre des objets d'art présentés, mettait l'ac­cent sur les époques dans lesquelles les courants artis­tiques montraient des traits personnels particuliers ou elles préférait celles dans lesquelles l'art national apparaissait étroitement lié aux courants européens de l'époque. C'est pourquoi, la présentation se faisait à un rythme inégal et dans le cadre de l'évolution de notre art avant 1800 les monuments provenant de l'époque de la conquête du pays et de l'époque intermédiaire entre la fin du gothique et le début de la Renaissance y tenaient une place plus impor­tante. C'est pour la même raison que le XIX e et le XX e siècles y étaient représentés par un choix restreint de peintures, de gravures et de médailles. L'exposition em­brassant toutes les branches de l'art hongrois jusqu'à la fin du XVIII e siècle donnait un profil très net de celui-ci ; mais à partir du XIX e siècle où c'est la peinture qui prédomine, elle devait renoncer à offrir une image d'en­semble de la richesse et de la diversité de notre art moderne par la présentation adéquate de la peinture, de la sculpture, de la gravure et de l'art décoratif. La partie de l'exposition comprenant les monuments an­ciens ambitionnait d'être complète autant que cela se peut par une représentation appropriée, quoique restreinte, des différentes branches de l'art. Elle aurait pourtant pu définir plus précisément et plus fidèlement à la réalité l'évolution artistique de la Hongrie avant le XIX e siècle. A côté du groupe riche de monuments datant de l'époque de la con­quête, l'époque romane y était seulement représentée par des monuments de pierre et par des bronzes ; dans les salles oii se trouvaient rassemblés les monuments du gothique et de la pré-renaissance l'orfèvrerie médiévale ne figurait pas selon son importance et, à côté des manuscrits anciens de la fin du XV e et du début du XVI e siècles, on ne voyait pas ceux qui auraient pu révéler les belles qualités de la miniature hongroise à l'époque précédente. La partie de l'exposition consacrée à l'art baroque était trop modeste : outre plusieurs peintures, trois scidptures, quelques orfè­vreries et quelques faïences, avec un seul tissu, évoquaient la continuité des autres branches de l'art aussi. Il est naturel que cette exposition dont nous avons déjà mentionné le rythme inégal permettait à l'historien de l'art intéressé aux questions de détails de tirer encore plus de renseignements des collections dans lesquelles les monuments de la même époque, rangés côte à côte, étaient très nombreux. Ainsi, il faudrait consacrer une étude spéciale à la collection d'objets provenant de l'époque de la migration des peuples et comprenant nos plus belles ferrures parmi lesquelles quelques-unes ont été pour la première fois présentées au public. C'était aussi une occasion ex­ceptionnelle de voir réunis nos manuscrits de la Renais­sance, ceux de la bibliothèque du roi Mathias Corvin, magnifiquement ornés, envoyés de Budapest pu prêtés par Paris. A l'occasion de l'exposition, plusieurs œuvres ont été restaurées : un beau panneau de Németlipcse (Partizánska Lupca), une Nativité qui mériterait plus d'attention qu'il n'en a retenu jusqu'ici ; un bas-relief de Maldur datant du milieu du XIV e siècle et représentant trois saintes (Fig. 125.) dans un style qui nous fait penser aux tableaux dits « Vierge aux lions » de Silésie puis les deux tableaux d'autel provenant de Nagy­tótlak (Selon) (Fig. 126.) qui, inspirés probablement par la peinture viennoise (maître Schottenstift), sont en même temps des monuments importants de l'iconographie; hongroise grâce aux figures des trois saints hongrois, Saint Etienne, saint Ladislas et saint Emeric représentés dans le champ extérieur. A cette exposition d'objets de haute valeur, plusieurs œuvres se firent particulièrement remar­quer et remportèrent un succès indiscutable. Nous voulons parler de la statue de sainte Dorothée de Barka (Borka) et de la merveilleuse paire de burettes de Nagyvárad (Oradea Mare) comparables aux plus belles orfèvreries (Fig.

Next

/
Thumbnails
Contents