Pogány Ö. Gábor - Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 1. szám. (MNG Budapest, 1970)

103. György Kohán (1910-1966 Da nuit. 1951 Kohán György (1910—1966): Éjszaka. 1951 11 a donné au spectacle vine tonalité de bronze et a placé au premier plan de sa composition une; femme couchée, une sorte de Vénus aux cheveux blonds dont les formes pleines et ondoyantes évoquent plus une ondine qu'une déesse de la mythologie; classique. Derrière elle, assis par terre, un gars de la Plaine Hongroise, bien costaud et n'ayant aucune ressemblance avec un jeune Romain, offre une (leur. La scène comprise entre deux vases empire baigne dans le jour d'un crépuscule lointain et, portant notre regard sur l'autre rive où se dresse le clocher d'une église aux contours effacés, nous avons soudain l'impression d'entendre;, venant du clocher, les sons des clochettes d'un troupeau de la Plaine Hongroise. . . Le client, un médecin, défendait bravement son tableau contre les sarcasmes de ses collègues qui critiquaient les déformations anatomiques de la déesse, le mauvais tracé qui, bien entendu, était voulu. En même temps que ce tableau, un autre en a été commandé a Kohán ayant pour sujet la pêche. Il va de soi que notre peintre n'a pas fait un tableau innocent de pêche à la ligne. Il a mis en scène des costauds bien musclés, aux pieds énormes, traînant de; toutes leurs forces leur barque sur la rive pour la mettre à l'eau. Ces tableaux montrent bien que Kohán n'est pas fait pour tomber dans le piège' des thèmes traditionnels de la peinture consacrée à la vie rurale. Le parvis par exemple ne lui rappedle pas la flânerie des filles le dimanche. Les vives couleurs des costumes folkloriques qui semblent se répondre dans la clarté du jour, pas plus e}ue les conversa­tions futiles ou les pensées qui ne touchent pas aux pro­blèmes essentiels de l'existence, ne parviennent pas à occuper sem esprit par et pour elles-mêmes. Sa nature et sa personnalité d'artiste; se sont le mieux révélées dans son tableau La nuit (Fig. 103.). Les premières lueurs de l'aube et le demi-jour du crépuscule, symboles de la naissance et du déclin du jour, sont particulièrement aptes à mettre son imagination en mouvement. A ces moments de la journée on sent la marche de la vie et l'espace et les cou­leurs respirent autrement. L'église que nous regardons sur le tableau de Kohán est petite en réalité : au grand jour elle a les apparences modestes d'une chapelle. Mais la nuit, elle s'agrandit, elle prend de telles proportions ejue celui qui lève son regard sur elle a le sentiment d'être écrasé par sa masse. Alors, ses volutes gracieuses élèvent le clocher vers le ciel comme- s'il n'était qu'une cruche lourde. Assise sur le- rebord du clocher, la pleine lune rouge phosphores­cente domine le ciel, elle nous charme, nous appelle pour que nous partions vers elle comme des somnambules. Cette impression est renforcée par le fait que dans ce pays qui est celui de Kohán, pendant la nuit le silence est vide- d'hommes. Il est si pesant, si fort que même l'homme ivre s'aperçoit soudain qu'il chante et saisi de peur il se tait subitement. Au petit jour, les pas des gars

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