Korner Éva - Gellért Andor szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 5. szám (Budapest, 1965)
BÉLA BARTÓK. 61. Ervin Voit (1882-1932): Esquisse de la couverture de «Chants des paysans hongrois» de Béla Bartók. Voit Ervin (1882-1932): Bartók Béla mű-címlapterve. lecteurs à plusieurs reprises que tous ceux qui souscriraient un abonnement auraient droit, à titre gracieux, au numéro antérieur, contenant en supplément un poème d'Ady avec la musique de Bartók. 58 Il existait donc une revue hongroise, en 1917, qui gratifiait ses lecteurs de la musique de Bartók, pour servir sa propagande et celle de Bartók à la fois. Voilà qui n'est pas négligeable, surtout quand on pense que ni en 1917, ni même dix ans plus tard, le nom de Bartok ne figurait guère dans les revues artistiques. Nos revues spécialisées aux beaux-arts ne s'occupaient guère des questions de la vie musicale, ce qui n'est que naturel, mais ce qu'il convient de souligner ici avec insistance, c'est qu'en dehors de la revue de Kassák et de son groupe, aucune des autres publications ne croyait devoir se solidariser avec Bartók, ni soutenir son initiative. (Nous devons à la vérité de dire qu'en 1929, la revue Magyar Művészet (Art Hongrois) a commenté la série de huit dessins faits par César Kunwald, représentant huit maîtres hongrois de la musique, dont Jenő Hubay, Ernő Dohnányi, Béla Bartók, Zoltán Kodály. Elle reproduisit même les dessins en son supplément. Mais il n'y avait là aucune prise de position en faveur de Bartók et cela se fit près de douze ans plus tard !) Les débuts de Kmetty se situent à une période particulièrement hérissée de difficultés. Aux environs de 1910, les antagonismes politiques, économiques, sociaux et culturels avaient atteint une intensité sans précédent. La seconde moitié de la décennie se trouvait placée sous le signe de la guerre et des crises qui s'ensuivirent. Ces conditions pesaient lourdement sur la vie artistique du pays. La situation des artistes était bien plus difficile que précédemment. János Kmetty avait 19 ans, quand il vint à Budapest, pour devenir un artiste. «Je trouvai un emploi, dans un magasin de meubles d'abord et ensuite à la Caisse Nationale des Assurances Ouvrières et mes rêves s'acheminaient vers leur réalisation.» 59 Ce qui signifie qu'il avait la possibilité de s'instruire le soir, après son travail. Il serait difficile de reconstituer ses rencontres avec la vie artistique de la capitale. Il s'arrêta cependant à l'exposition des Huit, qui n'avaient alors qu'une poignée d'admirateurs. Il est vrai qu'il s'y trouvait, pour ainsi dire, prédestiné par ses origines. (Cadet d'une famille de cinq enfants, il avait grandi dans la misère. Il débutait dans la vie avec son baccalauréat en poche et vingt florins pour tout avoir, si l'on ne compte pas son fervent amour des arts, qu'il avait hérité de sa mère, ainsi qu'il devait lui-même souvent le ] 62. Ervin Voit (1882-1932): Esquisse de la couverture de la «Ire Suite pour orchestre» de Béla Bartók. Voit Ervin (1882-1932): Bartók Béla-mû címlapterve.