Korner Éva - Gellért Andor szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 5. szám (Budapest, 1965)

EN MÉMOIRE DE GYULA RUDNAY Les paroles que je prononce au nom de tes amis et de tes confrères, au nom de la Galerie Nationale Hongroise, sont des paroles bien amères, des paroles graves: celles des adieux, notre cher et inoubliable Gyula Rudnay. Le moment où nous faisons nos derniers adieux à quel­qu'un qui nous était proche, ce moment paraît toujours précipité, inattendu, mais il ne le fut jamais tant qu'à l'instant où tu nous as quittés, où nous sommes contraints de te quitter. Ta présence faisait partie de notre vie, du train quotidien de la vie, nous le voyons bien mainte­nant. Nos relations étaient des plus simples, elles ne posaient aucun problème car nous pouvions compter sur ta bienveillance, sur ta volonté de nous aider, sur ton empressement, sur ton humanité, ta loyauté modeste, sur toutes ces belles vertus auxquelles tu n'as jamais manqué. Nous voilà bouleversés et aussi pris de remords en voyant ce que nous venons de perdre avec toi. Comment te le dire, comment te parler de notre perte cruelle, comment te remercier de ce que tu emportes maintenant avec toi, puisque tu n'es plus ? Nous savions que tu étais bon. Nous en prenions acte sans y penser trop, comme on a l'habitude do prendre con­naissance du bien. Nous savons maintenant que nous n'avons jamais réfléchi sur le choix que tu devais faire à chaque instant, sur les décisions que tu devais prendre pour être ce que tu étais et de qui nous avons défini la conduite morale à l'aide d'une toute petite phrase qui sonne comme une formule: c'est un homme bon. Tu étais un excellent confrère. Tes connaissances juridi­ques, ton sentiment de la justice nous ont guidés plus d'une fois dans le labyrinthe d'affaires difficiles. C'est ton héritage paternel, l'amour des œuvres d'art qui se trouvait à la base de ta compétence dans plusieurs domaines des beaux-arts et cette compétence nous était très précieuse. Ton activité faisait partie de cette grande œuvre qui ne sera justifiée comme elle lo mérite que dans l'avenir; toi aussi tu t'employais corps et âme à découvrir, à sauver et à recenser les trésors de notre culture nationale: la prospé­rité saura certainement apprécier cette immense tâche. Nous te faisons nos adieux, mais tu ne disparaîtras pas sans laisser trace dans notre vie et dans celle de eeux qui nous succéderont. Nos souvenirs te garderont pur tel que tu étais: tu continueras en nous, entouré d'affections et d'amitié, grandissant toujours pour devenir le modèle d'un homme simple, modèle de la probité même que nous appré­cions et dont le respect nous est commandé par ta mort aussi. Ton absence nous fera beaucoup de peine. A présent nous sommes incapables encore de dire combien nous en souf­frons. Tu as quitté parmi les premiers une institution en­core jeune, toi aussi trop jeune, si on considère ton ardeur au travail, ta bonne humeur et ton affabilité. Nous te promettons de rester fidèles à ta mémoire ! Discours funèbre prononcé par István Solymár à l'enterrement de Gyula Rudnay.

Next

/
Thumbnails
Contents