dr. D. Fehér Zsuzsa - N. Újvári Magda szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 4. szám (Budapest, 1963)

21. Béla Czóbel (né en 1883): L'homme assis. 1906. 21. Czóbel Béla (sz. 1883): Ülő férfi. 1906. tout des mains; l'épaule droite et la cuisse gauche apparais­sant beaucoup plus courtes que le reste. L'artiste emploie des couleurs locales matérielles. La multitude des couleurs, la force des contours — telles sont les caractéristiques de ce tableau. L'artiste, à la recherche de sa voie, dans son inca­pacité d'assimiler parfaitement ses expériences vécues, ne peut s'exprimer que de cette façon hétérogène. Ce style plan, conforme à la nouvelle conception picturale, se heurte ici à une conception de la réalité «non encore entièrement disparue.» 5 Bien que, du point de vue du développement, il s'agisse là d'une phase plus évoluée, nous ne pouvons pas l'apprécier aussi hautement que ses oeuvres d'inspiration purement nagybányienne, en raison, précisément, de son caractère hétérogène. Cependant, L'homme au chapeau de paille ne le cède en rien aux qualités des meilleurs tableaux de l'école fau­viste (Planche II). Dans sa conception de plans, à l'effet uniforme, nous ne sentons plus que le peintre a voulu, à tout prix, appliquer une théorie, cette caractéristique du tableau découle de la position frontale du personnage. Conformément à la technique des impressionnistes, il em­ploie des couleurs froides, des bleus, des verts, des violets, dans les parties ombragées du visage, alors que les parties éclairées sont peintes avec des couleurs chaudes. Mais, contrairement au naturalisme des impressionnistes, il ac­centue ses couleurs, qui sont plus fortes, plus «criardes » que dans la réalité. Des contours très marqués enveloppent les formes, mais cette fois, ils contribuent à faire de la composition un tout organique, car leur force n'est pas contrebalancée par des formes de détail naturaliste comme dans le cas de L'homme assis. Du point de vue de la composition, le tableau Peintres en plein air, propriété du Musée National d'Art moderne» de Paris (Fig. 22) est d'une classe supérieure aux précé­dents. C'est ce tableau que Czóbel exposa au salon de la Gallerie Ring en 1927, et qui présentait l'activité des fau­ves entre 1904 et 1908. Le tableau représente deux peintres travaillant à l'ombre d'un vaste arbre, devant leur chevalet. Le feuillage de l'arbre se compose de taches lumineuses, disposées en mosaïque. Les personnages, le chevalet, les troncs des arbres sont limités par des contours très accen­tués. Les personnages sont dans un plan, le peintre ne cherche absolument pas à rendre la plasticité du corps. Contrairement à Matisse, dont les compositions sont tou­jours très étudiées, Czóbel ne connaît pas la rigueur de la composition. Il aborde sa toile avec une fraîcheur, un dyna­misme élémentaires, plus fauve que les fauves. Les contours au dessin décoratif sont brisés en quelque sorte par les ar­dentes couleurs qu'ils renferment. C'est surtout par son tempérament que Czóbel se distingue de Matisse. Au lieu

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