Wellmann Imre szerk.: A Magyar Mezőgazdasági Múzeum Közleményei 1971-1972 (Budapest, 1973)

N. Kiss, István: Monoculture de vigne et qualité des vins dans la Hongrie des XVIe—XVIIIe siecles

deur multipliée par vingt-six. Dans cette échelle des valeurs les vins originaires de la monoculture de Hegyalja occupent une place de primauté absolue. Quelques années plus tard, quand la maison des Habsbourgs réussit à liquider l'Etat de Rákóczi et à rétablir son pouvoir en Hongrie, l'administration royale réorganisée entreprit à son tour un classement selon les qualités de toutes viticultures du pays. Ce registre établi en 1720 établit trois classes des vins provenant des différents comitats et villes. 13 Dans la première classe n'entraient que deux tiers des vignobles du comitat Zemplén (c'est à dire Hegyalja) et la moitié de la région de Sopron. Ce sont les vins de ces deux régions à monoculture de vignes qui atteignirent les prix les plus élevés et assurèrent, depuis des siècles, le haut niveau de l'exportation des vins hong­rois. — Il est intéressant de noter que les vins d'environnement du lac Balaton et d'Eper, devenus célèbres au XIX e siècle, n'étaient considérés dans ce registre qu'en tant que vins moyens. (Cf. pl. 1—4.) Jusqua'au début du XIX e siècle, la qualité dépendait, outre les conditions naturelles, avant tout de l'application de la technique traditionnelle, tech­nique qui supposait une main d'oeuvre nombreuse et qui était le résultat d'une évolution séculaire. Les porteurs de cette technique étaient, pour employer un terme moderne, les ouvriers hautement qualifiés, appelés à l'époque "'tâcherons". Quelques vignerons et maîtres de chais étaient capables d'assurer le bon traitement et encavement des vins, mais ce n'est que l'engagement des tâcherons qui pouvait satisfaire à la demande en travail de la viticulture qui égalait 150—200 jours de travail par an et par arpent. Dans la culture des vignes il y avait évidemment des travaux ne demandant pas de qualification (voiturage, transport des sarments, etc.) et qui pouvaient être effectués par des journaliers ou en corvée. Bien que les tâcherons et les journaliers fussent tous les deux des salariés, les premiers étaient mieux payés. Les tâcherons s'engageaient avec des contrats conclus quelques années à l'avance. Les bourgs agraires de Hegyalja interdirent strictement dès le XVII e siècle le licenci­ement des ouvriers contractuels en leur promettant un salaire plus élevé ou d'autres avantages. 14 La qualité du vin de telle ou telle région ou de tel ou tel producteur dépendait en grande mesure de leur capacité d'engager régulièrement et en temps voulu des tâcherons. La différenciation selon le prix des qualités de vin entrait généralement dans la pratique des comptes des débits de vins banaux du XVII e siècle, pour­tant elle ne devint un système obligatoire et précis qu'au XVIII e siècle dans les rapports des villes et des comitats sur les prix et les marchés. Là, une gamme de cinq à six prix différents reflète les différences de qualité des vins écou­lés. Vu que, à cette époque en Hongrie les marchés locaux exerçaient une influence extrêmement vigoureuse, le niveau des prix de vin montre, d'une ville à l'autre, des variations considérables. De toute façon, les prix des vins de qualité, tout en montrant des différences dans les chiffres, sont partout bien plus élevés. 13AN Arch. Regni N 76. Lad AA, fasc ANB N° 3/A. Anno 1720. ^OROSZ, ISTVÁN. A hegyaljai mezővárosok társadalma a XVII. században (La société des bourgs agraires de Hegyalja au XVII e siècle). In: Agrártörténeti tanul­mányok, réd. 7. Szabó. Budapest 1960. 49.

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