Le costume Hongrois a travers les siecles (Budapest, 1938)
5 universellement, eut une évolution indépendante et dans la suite le costume occidental eut aussi une grande influence sur sa formation. Comme dans les siècles précédents, on portait en Hongrie aussi les vêtements de coupe occidentale, surtout à la cour des souverains venus de l’étranger ; de même les dames hongroises s’habillaient à l’occidentale. Les costumes des dames, du XVII—XVIIIe siècle ,,à la hongroise" se formèrent eux aussi du costume féminin occidental antérieur. Les pièces de vêtement de coupe occidentale exposés sous les numéros 3 et 4 étaient probablement les parties du costume nuptial de la reine Marie, épouse de Louis II, roi de Hongrie. La pièce la plus ancienne de coupe hongroise de notre exposition est le manteau de l’enfance de Nicolas Oláh, archevêque d’Esztergom (1493—1568) porté vers 1503 (No. 1.) ; non seulement son matériel, brocart persan broché d’argent, de rubans d’or et de fleurs colorées est oriental, mais aussi sa coupe. Le col est coupé en simple carré. Les boutons et les petites boutonnières en passementerie avec lesquels il se fermait manquent. L’autre pièce de vêtement de coupe hongroise du XVIe siècle est le manteau en damas- de-soie italien jadis rouge, attribué auparavant à Mathias L, roi de Hongrie (No. 2). Sa caractéristique est que la partie postérieure est beaucoup plus longue que le devant. La coupe du col est conforme à celle du manteau d’Oláh, seulement qu’il est un peu plus grand et par derrière plus long. Du XVIIe siècle nous possédons déjà un grand nombre de dolmans et de manteaux dans la collection de la famille princière Esterházy (Nos. 6, 7, 11—16 et 18—24) et même un livre à dessin de patron provenant de Kisszeben (No. 144). La coupe de tous s’accorde avec celle des anciens caftans orientaux et des habits turcs du XV—XVIIe siècle. Un tel habit, étant étendu, est complètement plat puisque les manches ne sont pas ajustées sur l’épaule aux emmanchures comme on le fait aujourd’hui. L’épaule et l’arête supérieure de la manche forment étendues une ligne droite. La couture va donc au bas des manches et continue aux deux côtés du dolman respectivement du manteau. La fente va de l’échancrure vers le bas, sur le devant et se ferme le plus souvent par des boutons et de petites boutonnières en passementerie. Le dolman est collant jusqu’à la taille, de là vers le bas il s’amplifie fortement. Le manteau