Nyelvtudományi Közlemények 73. kötet (1971)

Tanulmányok - Bakos Ferenc: A magyar nyelv régebbi román elemei és a közvetlen népi érintkezésen alapuló szókölcsönzés néhány kérdése. [Les anciens emprunts roumains du hongrois et quelques problemes de l’emprunt lexical par contact direct] 65

A MAGYAR NYELV RÉGEBBI ROMÁN ELEMEI 111 Les anciens emprunts roumains du hongrois et quelques problèmes de l'emprunt lexical par contact direct Il y a presque trente ans que le livre de G. Blédy (Influenta limbii romane asupra limbii maghiare) a paru. Cette oeuvre est la dernière qui essayait de synthétiser les résultats des études sur les emprunts roumains du hongrois. Or, bien que les recherches ultérieures, surtout celles qui sont dirigées par Gy. Márton et A. T. Szabó, professeurs à l'Université de Cluj ont changé considérablement notre savoir sur ce domaine, l'opinion courante reste ancrée dans le livre de Blédy. La présente étude veut faire valoir les résul­tats obtenus au cours des trois derniers décades et dresser un tableau plus précis de l'influence roumaine sur le lexique de la langue hongroise. Etant donné que le total des éléments roumains du hongrois — y compris aussi les hapax — monte à peu près à mille, il est impossible de les analyser dans un article de revue, ainsi l'auteur s'est contenté de traiter les emprunts qui sont pénétrés dans le hongrois jusqu'à la fin du 18e siècle. L'étude passe en revue les éléments roumains, suit leur sort depuis leur entrée dans le hongrois jusqu'à nos jours. En cas si les données disponibles le permettent, l'au­teur essaye de tracer leur itinéraire, le point ou les points de leur pénétration, leur évolu­tion sémantique et les causes, surtout d'ordre économique ou etnographique qui ont con­tribué à l'emprunt et à leur propagation. C'est justement dans ce but que leur étude chronologique par siècles est doublée par un groupement sémantique en champs notion­nels. Une attention particulière est portée à la terminologie vlaque dont les éléments sont parmi les plus anciens et les plus répandus. Font partie de cette terminologie non seulement des mots se rapportant directement à l'élevage mais aussi des termes qui désignent des notions connexes à cette activité (noms d'aliments, de vêtements, d'habitat etc.). L'étude énumère et analyse plus de 150 emprunts roumains. Du 14e siècle nous n'avons que cserge 'housse', kosár 'parc', krajnik 'chef administratif des colons roumains', szindia 'juge des colons roumains'. Huit autres mots d'origine roumaine apparaissent au 15e siècle: alakor 'épéautre', bács 'maître berger', berbécs 'mouton (castré)', csobán 'berger', gárgya 'margelle en bois du puits', kaliba 'hutte', kalugyer 'moine ortodoxé', katrinca 'jupe-tablier des femmes roumaines'. On voit donc que la majorité prépondérante des anciens éléments roumains du hongrois provient des 16e et 18 e siècles. Le tournant est le 16e siècle. Parmi les causes on peut mentionner en premier lieu la formation de la Transylvanie indépendante, et, phénomène concomitant, l'efflorescence des lettres en langue hongroise. L'importance du 16e siècle est caractérisée non seulement par le nombre accru des éléments roumains — l'étude rend compte de 39 nouveaux emprunts — mais aussi par leur fréquence, propagation et vitalité. Une centaine de mots d'origine roumaine provient enfin des 17e— 18e siècles, mais la majorité reste reléguée à une aire assez limitée ou n'a qu'une vie plus ou moins éphémère. Un dépouillement de textes anciens (documents, inventaires, mémoires etc.) a aidé l'auteur d'établir une série de nouvelles datations, d'attirer l'attention sur l'exis­tence de quelques éléments roumains jusqu'à ce temps inaperçus, même la provenance roumaine de certains mots considérés comme d'autre origine ou d'origine incertaine est démontrée. Des résultats concordants acquis au cours de l'étude de l'histoire de quelques éléments permettent de déduire certaines considérations d'ordre théorique concernant l'emprunt par contact direct. La matière traitée est très pertinente à ce sujet parce que les peuples hongrois et roumain ont vécu entremêlés plusieurs siècles l'un à côté de l'autre dans les conditions d'une coexistence continue où les contacts personnels étaient à l'ordre du jour. Tel est par exemple le fait qu'un élément est emprunté successivement, plusieurs fois et à plusieurs endroits parce que la notion désignée ou une partie de celle-ci représente quelque chose de nouveau à la langue, c-à-d. au peuple emprunteur. Cela montre juste­ment la valeur sociale de l'emprunt. Non moins caractéristique est le phénomène qu'un mot de civilisation venu des Balcans pénètre dans le hongrois par plusieurs voies, p. ex. un élément oriental peut provenir directement du turc mais aussi par les filières roumaine et serbo-croate. Dans bon nombre de cas un élément slave est répandu aussi par le roumain et le cas inverse n'est pas moins rare. L'étude renforce donc par ses données la théorie de l'étymologie multiple. La matière étudiée permet aussi à l'auteur la démarcation théorique entre élément étranger, emprunt et élément assimilé, grades dans le processus d'incorporation d'un élément non autochtone. FERENC BAKOS

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