Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)

HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma

198 Josef Hrazky plus se voir, quel état est le mien! penser: elle s’en va! si j’etois sur, que son bonheur dut en résulter, si je la sçavois hors de portée de souffrir! mais l’ennui ne sera pas moins prêt à l’attaquer, si ce n’est une conversation languissante, une oisiveté de quelques heures, si ce n’est pas une devotion, la gêne, qu’elle croit ne pas éprouver, lui en causera souvent. IV. 26. Elle croit éviter par là, que je sois instruite de ses pensées, elle cache sous les apparences d’une crainte mal fondée de m’etre à charge le désir d’etre loin de moi et hors de portée d’etre ennuyée, mais au dernier jugement ces complots seront découverts. N’ai-je peut-etre pas aussi à craindre pour ce jour redoutable? n’ai-je rien à me reprocher vis à vis d’elle? qu’ai-je fait, qu’ai-je dit peut-etre? n’ai-je pas ajouté foi à ses discours, lorsqu’ occupée par des idées sombres elle me jurait, que c’était son état naturel? peut etre lui ai-je trop corné aux oreilles? mon tiranne peut-etre enfin ... mais non! ce jour sera un jour de triomphe pour toutes deux, si je suis ses exemples, ce sera là qu’éclat(t)era dans toute sa vérité l’amitié, que j’ai pour elle, et nous entrerons avec joie dans la Maison de notre eternité. IV. 27. Der Mensch wird eingehn in das Haus seiner Ewigkeit. Eccles. 12. 3. Jour. Après avoir reflechi(s) hier à Mons., il est juste de se preparer aujourd’hui à une separation bien plus réelle et qui doit arriver un jour infailliblement, où la mort tranchera le fil de ses jours ou moi-meme m’acheminerai vers [la] maison de mon eternité, ce serait sans doute ce qu’il y auroit de plus doux, et les approches de la mort seroient sans doute bien moins douloureuses pour moi que ne le pou [r] oit etre l’idée seule de perdre ce que j’aime, mais habituée dés l’enfance à considérer tout du coté le plus triste pour n’etre point IV. 28. frappée d’un evenement quelqu’affreux qu’il puisse etre, je dois m’attacher ici à ce qui m’affligeroit le plus. Si l’objet de ma tendresse n’etoit plus, que devien­drais je? dans cet exil de pleurs et de misères penser sans cesse à son bonheur feroit ma consolation, la nature pourtant n’en souffrieroit pas moins, je sens, que je ne serois plus maîtresse de mon coeur et que toutes les fois, que je voudrois l’elever à Dieu, ce seroit à elle, que je penserois. je prierois le Seigneur pour elle, je m’adresserois sans cesse à elle pour obtenir ce que j’aurois à desirer, et surtout une prompte mort pour la rejoindre au plutôt, l’on me dit, que le moyen le plus sur pour parvenir au bonheur eternel, est de commencer sa journée par Dieu, d’elever souvent son esprit à Dieu dans le cours IV. 29. de la journée et de finir la journée avec Dieu, je sens, que c’est là ce qui prouve l’amour le plus parfait, car je commence la journée en pensant à l’objet, que j’adore, j’eleve mon esprit et mon coeur souvent dans la journée aux habi­tantes d’une region supérieure, et je finis la journée avec l’idée de celle, dont

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