Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)

HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma

196 Josef Hrazky momens des tours joués, qui font trouver des charmes indicibles à se venger, à se baiser de nouveau. La difficulté, qu’on trouve à se def(f)endre sans exposer des amis aussi chers aux dangers de se perdre à jamais ou sans s’exposer soi meme à faire à jamais leur malheur, donne une vivacité ou je ne sçais, qui attache, qui plait, qui séduit, qui enchante. On ne finiroit jamais, si l’on vouloit faire l’analise exacte de tous les charmes de la fausse amitié, et je crois, que l’échantillon, que j’en ai donné, suffira pour moi, qui suis née dans un tems malheureux, je m’en tiens à ma façon de penser et suis trop faible pour en revenir jamais. 5. IV. 19. Les exercices de l’Esprit ou Reflections pour trois jours de Retraite. Der Mensch wird eingehn in das Haus seiner Ewigkeit. Eccles. 12. 1. Jour. Me voici donc seprarée de tout commerce avec ceux, qui me sont les plus chers, me voici seule vis-a-vis de moi meme, que dois-je penser? quelque douloureuse que soit pour moi cette separation meme pour peu de jours, je ne puis y appor­ter du remede. réfléchir, m’occuper sans cesse de cette idée est un tourment, mais c’est en meme tems un soulagement de penser à ce, qu’on aime. Dois-je penser, qu’un caprice en est la cause? j’ai trop bien éprouvé, quel noir cela répand dans mon esprit, l’on croit déjà lire dans l’avenir des malheurs effroyables, l’on croit, dis-je, voir les gens, à qui l’on est attachée, dans la douleur la plus violente, IV. 20. sans appui, sans aucune consolation, sans pouvoir esperer de leurs etre de quelques secours. Ces instants de frayeurs sont effacées, pourquoi les rappeller? L’idée la plus juste et la plus consolante est de penser: „c’est pour leurs bien non passager, mais durable et eternel.“ car il est dit: „der Mensch wird eingehn in das Haus seiner Ewigkeit.“ Ce n’est meme que là qu’il trouvera son repos et la vraie félicité. Tout ce qui m’occupe à cette heure, c’est de dire, si je pouvois seulement la voir, quelle douceur ne seroit-ce pas, quelle bonheur, quelle satisfaction in­térieure ne ressentirois-je pas, si je pouvois seulement contempler ce néz tournée avec tant de grace et d’attrait, qui m’a si souvent transportée, cette bouche si propre à consoler par ses baisers, ces yeux, dont le langage est si touchant, cette physio­nomie, qui toute ensemble ne respire que la sainteté, ce tout enfin, qu’est si adorable, que meme IV. 21. au haut de l’escalier on ne peut s’empêcher de l’acclamer. Mais quel supplice de passer en bas de ce meme escalier et de ne pouvoir y monter. Réfléchis, o mon ame, combien l’on est insatiable tant que Ton est de ce monde, et comment il est impossible pendant le cours de cette miserable vie d’etre heureuse, ce que j’avois cru un bien si inestimable, après lequel j’avois tant soupiré, cette douceur, que je croyois trouver en la vue seule de l’objet de ma tendresse, ne fait, quand je l’obtiens, qu’aigrir mes maux, cela est incroyable, mais n’est que trop vrai, malheureusement je le vois dans cet instant, tout mon désir seroit de pouvoir par quelques signes lui donner à connoitre mon amitié.

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