Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)

HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma

194 Josef Hrazky idées de bonheur et de malheur, qui répandent une inquietude dans la vie, qui prive en effet de la vrai félicité, dont jouit celui, qui n’est occupé que du solide et du vrai. 2. III. 2. [Le vrai philosophe.] J’ai contracté l’habitude de regarder sans emotion ce qui me regarde perso- nellement. cela meme à force de me faire accroire, que je pensois comme cela, mais je m’emporterai en revanche, si ces memes choses peuvent attaquer les per­sonnes, que j’estime ou qui me sont cheres et l’on me prendroit alors plustot pour un fanatique que pour un philosophe. Ce qui vient beaucoup de l’amour propre, qui pátit à voir, qu’on blame ce que j’avois jugé digne d’aimer, ou qui souffre des souffrances de ce qui m’est cher. Je trouve dans les beau [x] sentimens, dont nous faisons parade, un furieux def(f)aut pour un philosophe, puisque dans le désir d’obliger la générosité, ce qu’on fait pour un ami, l’amour propre est le premier mobile, on y cherche un avantage du moins de la reconnoissance ou un retour d’amitié, car un bienfait accordé à un ingrat pèse et le rend digne à nos yeux d’en obtenir un autre, d’ailleur nous nous livrons souvent aussi facilment à quelqu’un, qui a le don de nous plaire, qu’à celui III. 3. fondé sur la raison, je m’étandis sur l’etre de la philosophie et trouvai dans tous les sages, qui se disent philosophes, autant de philosophes manqués, à commencer par moi. Les principes, qu’un philosophe se forme, sont variés selon les differens caractères d’un chaqu’un, mais tous se reunissent en ceux-cy, qui sont l’indif- ference sur tous les evenemens de la vie; un étalagé de beaux sentimens, soit dans leurs discours ou leurs écrits; et pour fond un desinteressement absolu, qui ne leur fait meme aimer le bien, que par rapport au bien meme et fűire l’osten­tation et les louanges, qu’ils méprisent, si l’on veut les en croire. Cependant, à parler vrai, (je parle en general) notre conduite répond elle à nos principes ? j’avoue à ma honte, si l’on veut, plustot selon moi à ma gloire (car qu’est il de plus glorieux que d’avouer ses faiblesses, en ce point surtout?) j’avoue donc, que depuis bien des années j’ai taché, soit humeur mélancolique ou soit sagesse, de parvenir à la vrai philosophie et quoique l’homme d’après ces principes dut etre sans faiblesses, je me retrouve la meme dans des certains occasions, que j’etois en commençant, à l’indifference. 3. I. 9. Traité sur les Hommes. L’homme est un animal inutile dans le monde, qui ne sert qu’à faire du mal, impatienter, embrouiller, faire tourner la tête à tout le monde, cet bas metier continuel, privés de sentimens ils ne sçavent aimer qu’eux, c’est le seul bien, auquel ils sont attachés, pourvu qu’ils se satisferont et qu’ils soyent contents, c’est tout ce qu’ils désirent; tout blâmer dans les autres, tout approuver en eux est leur coutume, en un mot: doués de raison ils sont moins raissonnables que les animaux, qui en sont privés. I. 10. L’homme, né pour penser, passe sa vie à se distraire, à braire, à s’oser, à courir, en un mot: à ne faire que ce qui flatte son amour propre ou ce qui

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