Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)

HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma

192 Josef Hrazky que proviennent les effets differens, qu’ils causent sur ces deux personnes? j’en convient(!) et loin de me départir par la de mon principe, je m’y vois confirmée à chaque pas davantage, car le caractère n’est formé que par la façon de penser, qui vient des idées, qu’on se forme, ou meme si l’on veut, du temperament, auquel cas je suppose, qu’on peut remedier par les reflections aux def(f)auts de ce dernier, en effet, voyés un enfant: une poupée, un cheval de bois, un joujou, une promenade lui seront une source d’une joie si vive, que souvent meme cela l’empechera de dormir, laissés le venir à un âge plus avancé: il regardera avec mépris ce qui quelques années plustot l’auroit charmé, d’ou vient cela? de ce qu’il apprend chaque jour à voir plus vrai de meme, les amusemens de la jeunesse deviennent insipides avec l’âge, un IV. 13. homme adonné aux reflections, qui tendroit toutjours au vrai et à la perfection, sentiroit bientôt, qu’il n’y a point de plaisir reel et que tous ceux, qu’on vante dans le monde, partent d’une illusion chimérique, que les hommes se sont fait à plaisir pour s’éblouir, exepté le vrai bonheur, qui consiste selon moi dans l’accomplissement de ses devoirs et dans les reflections tranquilles, qu’on fait seul à l’abri des importuns et qui ne sont troublé [e] s par aucune tristesse, lorsqu’on a fait de son mieux et qu’on est irréprochable, si meme l’on n’est pas parfait, c’est alors que dans une agréable solitude, meme au milieu du grand monde on plaint et on s’amuse des folies des hommes, qu’on considéré avec tranquilleté les intrigues, qu’ils font pour parvenir à leur but, et les peines, qu’ils se donnent pour des objets, qui ne méritent pas tous ces soins, alors on rit tout bas des malheurs et des joies des autres, qui les occupent tant et ne sont pas capables d’emouvoir un philosophe, qui en sent le vuide et l’insuffisence. j’avoue, que c’est un spectacle amusant, d’autant plus que pour moi je ris tout autant du mal, qu’ils veullent me faire, que de celui, qui se font entre eux, parceque je ne le puis regarder comme tel, dés qu’il n’atteint pas à mon intérieur. IV. 14. „L’Ennui“ dit Aminte, „est la poison de la vie.“ Cephise le dit aussi; celle-cy cherche à le dissiper par des occupations serieuses ou par la compagnie d’une amie sage, l’autre au contraire cherche dans le tumulte du monde, dans nombre des prétendus amis, qui aiment l’intrigue et le plaisir, du soulagement à la contrainte, où elle se voit tenue en ce point, mais elle cherche en vain le bonheur et la tranquillité, celle-cy la fait et comme elle a mis l’autre dans cette com­pagnie, elle se croit malheureuse, lorsqu’elle n’est pas avec son vieil adonis ou les confidens secrets de ses faussetés et de ses désirs, quelle difference! Cephise est heureuse ches elle, elle jouit du bonheur, dont j’ai parlé plus haut, livrée à ses reflections il n’est point imaginaire, mais solide et stable, puisqu’elle le cherche dans l’auteur de son etre. cependant elle s’affecte de devoir quitter sa solitude et regarde avec chagrin des plaisirs, qui lui devroint etre indifferens. cela viens, je crois, de ce, qu’elle ne sçait pas encore assés vivre dans l’oubli des hommes pour etre au milieu d’eux, converser avec eux sans penser, qu’elle vit en effet et converse avec eux. pour moi, qui suis indifferente en IV. 15. toutes ces choses, je la trouve à plaindre et voudrois bien, qu’elle put comme moi, lorsqu’elle est dans une compagnie, qui l’ennuie, s’intéresser fort peu de ce qu’on dit pour ou contre elle, et en parlant peu, froidement et sans emotion, elle pourroit rester comme seule dans son idée et ne jamais craindre de lâcher des propos indiscrets, c’est tout ce que je souhaiterois à sa perfection.

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