Marisia - Maros Megyei Múzeum Évkönyve 10. (1980)
I. Arheologie
58 DUMITRU PROTASE 6 ques — environ 65 (moins de 3%), celtiques-environ 70 (plus de 2°/o) nordouest africains, egyptiens et d’autres — environ 40 (plus de l°/o)14. C’est sans doute que les anthroponymes romains n’appartenaient pas exclussivement aux Romains ou aux Itaíiques, mais aussi aux provinciaux romanisés ou au cours de romanisation (Celtes, Germaniques, Illyriens, orientaux, Thraco-Daces), qui préféraient changer leurs anciens noms pour des noms romains (praenomen et nomen gentile). De mérne, la multitude de noms grecs appartenaient dans leur plupart non aux vrais Grecs, mais aux civiles et aux militaires venus d’Asie Mineure, de la Syrie, de Mésopotamie, d’Egypte, de Mésie, de Thrace ou d’autres regions orientales qui ont resté mérne sous les Romains, dans l’aire de la langue et de la culture grecque. Les inscriptions montrent que ceux gréco-orientaux écrivaient et parlaient le latin, étaient avides descriptions, élevaient beaucoup de monuments, ce qui donne l’impression que ceux-ci auraient été trés nombreux en Dacie. En réalité leur nombre n’était pas si grand que les inscriptions le montrent.15 Probablement, le nombre des orientaux ait beaucoup accru á peine sous le regne de Septime Sévére. En ce qui concerne les vétérans, dönt Longine territoriale et ethnique était extrémement variée, ils у ont été, comme partout, des souteneurs actifs des intéréts de l’État romain, des propagateurs assidus de la romanité, de la culture et de la langue latiné. Le fait que 28 de 32 diplómes militaires connus jusqu’aujourd’hui en province proviennent des camps et des établissements civiles prouve que leurs titulaires ou les descendents de ceux-ci n’ont pás quitté la Dacie, ce qui est démontré d’ailleurs par beaucoup descriptions. Quelques vétérans se sont installés ä la Campagne oil ils ont eréé des établissements et des fermes agricoles (villae rusticae), d’autres se sont établis dans les villes, mérne a Ulpia Traiana, partout oil ils existaient des possibilitas d’enrichissement et de vie. N’importe quel provincial, quoiqu’il ait été oriental, africain, germanique, celte, illyrien ou thrace, aprés avoir vécu pendant un quart de siede ou plus dans l’anmée, dans le service de Rome et de TEmpereur, devenait un élément fidel aux autoritás, convaincus que les structures socio-politiques et économiques existentes sont puissantes et durables. Les enfants des vétérans embrassaient souvent la carriére militaire de leurs parents et, en commenjant avec le regne de Sévére Alexandre, s’est forrná une catégorie de vétérans gardiens des frontieres (limitanei), petits propriétaires sur le limes, qui défendaient ainsi la province. Ils constituaient dans les zones des fronderes de la Dacie de vrais noyaux de la romanité. La romanité de la Dacie, malgré routes les particularités d’une province de frondere, garde pourtant le caractere occidental, chose affirmée auparavant et toujours confirmee jusqu’aujourd’hui. Ce caractere se constate dans le plan et dans l’organisation interne des villes, dans la construction typique des édifices publiques ou privés (des aqueducs, des thermes, des temples, des amphithéátres, des villas suburbaines ou rustiques), dans les méthodes et les ma-14 I. I. Russu, dans Colloques mternaúonaux du C.N.R.S., no. 564— L'Onomastiquc latiné; Paris, 13—15 octobre 1975, Paris, 1977, p. 353—363. 15 Cf. G. Daicoviciu, op. eit., p. 155; M. Macrea, op. cit., p. 367—375.