Marisia - Maros Megyei Múzeum Évkönyve 10. (1980)

I. Arheologie

54 DUMITRU PROTASE 2 concretes, la romanisation s’est accomplie ou non, a réussi a se mainten.r a travers les siecles, en participant aux nouvelles syntheses éthniques, ou est disparue de ces regions dans lesquelles eile s’est parfaitement réalisée dans l’antiquité. Un trait essentiel, typique, pour la romanisation, consiste dans la dispa­­rition graduelle des langues autochtones et leur remplacement par le latin vul­­gaire. Bien que les changements dans la culture materielle aient en leur impor­tance et leur reflet sur le plan ethnique et linguistique, pourtant une com­­munauté ethnique était caractérisée dans l’antiquité par la langue, sécondée de coutumes, de croyances religieuses et, en général, de la fajon de vivre et de penser.1 II ne faut pás perdre de vue qu’ils persistent encore — enrégistrant mérne un réviriment le dernier temps — des conceptions qui mettent en dome ou repoussent définitivement la possibilité merne de le romanisation des peuplades autochtones de diverses provinces de l’Empire romain, у compris la Dacie.2 Les savants qui soutiennent oes idées exagerent le plus souvent la resistance des indigenes á la romanisation, en oubliant que l’antiquité n’a pas connu le nationalisme et le rassisme, ni la lutte de liberation des peuples, telle qu’elle est connue dans le monde moderne. Quand mérne, les adeptes de la these de nonromanisation ne pourraient jamais nier l’existence des peuples neolatins et des langues romanes qui sont le produit direct de la romanisa­tion des populations autochtones. Il ne faut pas ignorer la difference qui existe entre la romanisation proprement dite et son maintien, parce que — Гоп sait — l’aire géographique de la románké pendant l’antiquité était beau­­coup plus étendue que celle occupée aujourd’hui par les peuples néolatins de l’Europe, situation oil Гоп est arrive par une succession de recessions. Aprés ces considérations générales, il faut analyser le concepte de „roma­nisation“ dans le cas de la Dacie. Nous voyons dans la notion de „romanisation“ deux traits fondamen­­taux du mérne processus unitaire, c’est-a-dire: 1) la colonisation du territoire daco-gétique avec population romanisée, latinophone, venue de tous les coins de l’Empire romain, c’est-a-dire, la romanisation par colonisation; 2) l’assi­­milation des autochtones daco-gétes au fúr et á mesure ceux-ci aient adopté le latin, la fajon de vie romaine provinciale, qu’ils aient emprenté les cou-1 Pour ce qui est des considérations vis-á-vis de la romanisation, ses facteurs et ses conditions concretes devolution: F. Haverfield, The Romanisation of Britain, Hie edition, Oxford, 1923; S. N. Miller, The Romanisation of the West, Oxford, 1935; V. Chapot, Le monde romain, Paris, 1937; I. A. Richmond, Roman and Native in Roman Britain, Nelson, 1958; A. Garcia Y Bellido, Die Latinisierung Hispaniens, dans ANRW, I, 1973, p. 462—500; H. —G. Pflaum, La romanisation de I'Afrique, dans Vestigia, 17, 1973, p. 55—-72; Assimi­lation et résistence d la culture gréco-romaine dans le monde ancien. Travaux du VIе Con­­grés International d'Etudes Classiques (Madrid, Septembre 1974), Bucarest—Paris, 1976; S. Frere, Britannia. A History of Romain Britain, London-Henley, Boston, 1978. 2 En ce sens, nous mentionnons: A. Alföldi, САН, XI, 1956, p. 551—554 (particu­­liérement la partié concernant la Dacie); A. Mócsy, Gesellschaft und Romanisation in der römischen Provinz Moesia Superior, Budapest, 1970, p. 199—256; M. Bénabou, La resistance africaine d la romanisation, Paris, 1976. Cf. et Assimilation et resistance..., passim.

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