Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)

94 43. Villeneuve (Vaud) Villa Olga 9 avril 1939 Chére Marianne de Czeke Pardonnez-moi d'avoir conservé si longtemps votre aimable envoi, sans réponse. Ma vie est toujours si chargée de táches diverses que je me trouve constamment en retard pour la correspondance. Je vous remercie de m'avoir communiqué la traduction en allemand des premiers chapitres de votre livre. Je les ai lus avec grand intérét. Mais, á vrai dire, ce sont les chapitres suivants qu'il me serait le plus précieux de connaitre: car je crois qu'il y est question davantage des rapports de Beet­hoven avec Thérése, et de ce qu'elle pensait de lui. J'ai fait la connaissance de M. Jean Bojer, et j'ai lu son livre, qui m'a paru surtout excellent par sa documentation sur la critique allemande du lemps de Beethoven et, particuliérement, par l'importance qu'il attribue justement aux géniales intuitions musicales de Hoffmann. En ce qui con­cerne le „Romantisme", je crois que c'est surtout une discussion de mots: car il est bien évident que nous entendons en Francé, sous ce mot, le „ro­mantisme" frangais (et non allemand), qui correspond au „Sturm und Drang"; et c'est á ce dernier que Beethoven participe, dans une certaine mesure, plutőt qu'á celui des Tieck, Brentano, Wackenroder, etc. J'ai passé les mois d'hiver, á Villeneuve, auprés de ma soeur. Nous al­lons repartir, ma femme et moi, pour Vézelay, la semaine prochaine. Nous y retrouverons la campagne de Bourgogne en pleine fleur. Nous sommes, tous les trois, en assez bonne santé. J'espére que vous n'avez pas trop á vous plaindre de la vőtre. Veuillez erőire, chére Marianne de Czeke, á mon bien cordial dévoue­ment Romáin Rolland Je vous retourne, par le mérne courrier, la copie des chapitres en al­lemand.

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