Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)

77 Villeneuve (Vaud) Villa Olga 6 février 28 Chére Marianne de Czeke Votre lettre du 3 (et la revue américaine) m'arrivent, aprés que la mienne est partié. Je transmettrai donc le livre á Mme de Gerando. — Mais j'attends toujours d'elle un mot de réponse á la question que je vous avais priée de lui fairé. Si elle ne veut pas me répondre, elle aurait pu du moins vous dire ce que j'attendais. Quelques lignes suffisaient: — „Existe-t-il dans la correspondance inédite de Thérése et de la famille des lettres de Beetho­ven et des allusions á Beethoven?" Je n'ai pas non plus regu les épreuves de votre esquisse de biographie de Thérése, — malgré les assurances qu'on vous a données. Quant a la demande de Miss Marry E. Dienes, c'est impossible. Je n'écris pas d'articles; on m'en demande souvent; mais je n'ai pas le temps. Je fais mes oeuvres: oeuvres d'art et d'histoire, oeuvres d'action. C'est assez. Qu"on veuille bien m'épargner! — „que j e ne lai s s e pas une lettre sans r é p on s e", est une vilaine farce, que m'a jouée mon ami Stefan Zweig dans le livre qu'il m'a consacré. Je la lui ai assez reprochée! Bon Dieu! Se doute-t-on du nombre de lett­res qui me tombent sur la téte, chaque jour? — Je ne réponds qu'á celles qui sont vraiment urgentes et importantes. Je ne peux pas perdre mon temps á des salamálecsl Quant aux signatures, vous ne devez pas en manquer, depuis deux mois! Mais en générái, elles sont mai placées dans mes lettres. Si vous le désirez, je vous ferai, quelque jour, une page d'écriture, comme les enfants á l'école. Vous pourrez la débiter par morceaux. (Ce n'aura quére de valeur, plus tard! J'ai trop écrit!) — — — — Oui, insistez pour le portrait de Kor omp a ! C'est vraiment important, pour vous et pour moi, et pour tous les amis de Thérése. — Est-ce que l'influence du prés. Masaryk pourrait étre de quelque utilité? Je suis en relations amicales avec lui. Ne me faites pas dire que j'exclus maintenant Beethoven des affections de Thérése! Ni vous ni moi ne pouvons encore conclure lá-dessus. J'ai voulu dire seulement que, mérne si Thérése avait eu en juillet 1812 un moment d'entrainement pour Beethoven, (ou d'exáltation, dans laquelle elle se serait confiée á lui, comme au meilleur de ses amis, et mérne l'aurait aimé), — cela n'a point été pour elle une passión durable — (et peut-étre, qui sait? se serait-elle repentie d'avoir ainsi livré ses secrets, sec chagrins, et son coeur — comme elle avait penchant á le fairé). II reste que Beethoven, qui connut tant de femmes, n'avait dans son sanctuaire caché que la fameuse lettre, les portraits de Thérése et de Giulietta. II reste aussi que, de trés bonne heure, par Schindler, son con­fident intimé, le nom de Thérése est resté associé au sien. — Ce n'est pas peu de chose. *

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