Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)
30 avait encore réussi á apprendre á ce propos. Voilá ce qu'il a noté: lorsque le domaine de Martonvásár passa des mains de la famille Brunszvik á celles des Dreher „il y avait parmi les personnes chargées de la part de la mairie á participer á l'établissement de l'inventaire en qualité de juré, un homme nőmmé Herzfeld ou Herzog, qui á l'époque de mes recherches avait 72 ans, ainsi que l'instituteur de l'école primaire, du nom de Dobos, qui déclarient tous deux avoir vu parmi les documents, un papier signalant la naissance d'un enfant illégitime, que Géza Brunszvik emmena á Gratz." 50 Mme Fortenbacher disait aussi que lors de la vente des domaines Brunszvik, son pére, János Tóth avait été convoqué á la mairie de la commune de Vál (également domaine des Brunszvik) oü on voulut lui octroyer 12 arpents de terre. Au dire de sa fille, János Tóth n'accepta pas le don, ce qui de la part de sa femme, mére de 12 enfants lui valut d'amers reproches. On ne peut guére espérer découvrir une preuve écrite de cette tradition. Cependant il est á noter que parmi les documents relatifs au domaine Brunszvik, on reléve sur la liste des serfs fermier d'aprés 1811 un nőmmé Tóth dont le prénom est également János. II semble avoir bénéficie plus tard d'un traitement spécial de la part des maitres, car en 1828—29 il figure déja comme „fermier" á Páty, et c'est chez lui que les joupans sont hébergés, — ce qui montre qu'il jouissait de la conficiance des seigneurs terriens. Si nous tenons compte de la tradition de la famille Tóth, il semblerait donc que c'est á ce fermier que fut confié l'enfant illégitime et que c'est lui, qui lui donna son nom. Si la tradition transmise de pére en fils dans la famille Tóth de Diósd correspondait á la réalité, un certain nombre de fait psychologiques incompréhensibles, des faits sur lesquels Romáin Rolland n'a cessé d'insister dans ses lettres, s'expliqueraient aisément. On comprendrait mieux alors l'attitude quasi tyrannique, l'absence totale d'estime que Joséphine témoigne á sa soeur, cette cruauté tout arbitraire avec laquelle elle lui interdit de répondre á la lettre de Pestalozzi. II est connu que lorsque Joséphine devint veuve, elle alla en compagnie de Thérése á l'étranger pour chercher une maison d'éducation oü elle pút envoyer ses enfants. En cours de voyage elles rendirent visite á Pestalozzi oü Jeséphine fit la connaissance de son second mari. II est parfaitement incompréhensible qu'elle ait défendu á Thérése de répondre á la lettre de Pestalozzi si pleine d'estime et d'amitié. „Dans votre regard — ácrit-il — mon áme a puisé un courage hongrois et une ferveur hongroise pour ma bonne cause." Comment fut-il possible d'infliger ce traitement absurde á la femme dont les ouvres valurent á sa famille et á sa patrie l'estime et l'admiration de tant de pays d'Europe. L'histoire de la pédagogie hongroise n'a pas manqué d'enregister qu'aprés l'Angleterre c'est en Hongrie que la premiére école maternelle a été inagurée, et cela, dés 1828. Son exemple fut suivi bientöt dans d'autres villes d'Europe. Vienne, Münich, Cremone, 5 6 Antal Tóth avait remis avant sa mort, la note d'une page et demie conce-nant le passé de sa famille, á M. Flórián Tóth qui a bien voulu la mettre á ma disposition.