Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)

24 que cette phrase implique des rapports intimes entre Beethoven et José­phine Brunszvik. Ce n'est qu'aprés la mort de Rolland et de Czeke que furent découvertes les 13 lettres de Beethoven adressées á Joséphine qui confirment leur hypothése 4 0 concernant les liens qui les unissaient, les dereniéres recherches inclinant de plus en plus á désigner Joséphine comme 1' „Immortelle Aimée"/' 1 Selon 1' hypothése la plus récente. Joséphine á cette époque ne vivait plus avec son deuxiéme mari, Christophe Stackel­berg. Thérése et elle habitaient non loin de Prague, á Witschap, tandis que leur oncle maternel, le báron Philippe Seeberg habitait Prague. Selon cette mérne hypothése c'est Beethoven qui aurait été la pére de la der­niére fille de Joséphine, née neuf mois aprés les fameuses lettres, le 13 avril 1813. La fillette, appelée „Mignon" fut surnommée par sa marraine, Thérése Brunszvik, „Minona", nom bizarre qui lu á l'envers donne Ano­nim. Elle ne se maria jamais, et vécut en partié á Vienne en partié á Pál­falva, Kendi-Lóna, Kolozsvár, au sein de la branche hongroise de la famille, parmi les descendants de Mme Teleki, née Caroline (Charlotte) Brunszvik. — Sa cousine germaine, Blanche Teleki, promotrice de l'éduca­tion des femmes, plus tard enfermée dans la prison de Kufstein, a plus d'une fois mentionné dans ses lettres cette Minona solitaire adonnée á des sérieuses études musicales. Les termes dans lesquels elle désigne sa cousine: „cette brave et généreuse fille" suggérent que l'on éprouvait une sorté de pitié pour elle. 4 2 II est certain que Minona s'intéressait vivement aux documents de sa famille. On sait qu'elle en fit disparaite quelques­uns et qu'elle garda chez elle, presque jusq'á sa mort, le Journal de Thé­rése Brunszvik et d'autres souvenirs de famille pour y chercher des don­nées concernant sa mére. 4 3 On a l'impression qu'elle se doutait ou mérne qu'elle savait quelque chose du secret dont sa naissance était entouré. Cependant Romáin Rolland, l'écrivain psychologue, ne s'intéressait pas seulemant á la personne de 1' „Immortelle Bien-Aimée", mais — comme cela ressort de sa correspondance avec Marianne Czeke — encore et sur­tout á celle de Thérése Brunszvik. II se sentait pour elle une véritable tendresse: „notre Thérése" — lisons-nous dans ses lettres, et mérne aprés avoir abordé d'autres sujets il déclare encore: „Je reste fidéle á Tesi". 4 0 Joseph Schmidt—Görg; Beethoven: Dreizehn unbekannte Briefe an Jose­phine Gráfin Deym geb. v. Brunswick. Veröffentlichung des Beethoven-Hauses in Bonn. Neue Folge. III. Reihe. Herausgegeben von . Bonn, 1957. Beethoven-Haus, facsim. — Je dois á l'amabilité de Mme Margit Prahács d'avoir pu en prendre con­naissance. 4 1 Kaznelson, op. cit. note 36. 4 2 Georgette Sáfrán: op. cit. Les lettres de Blanche Teleki, pp. 364—366. 4 3 Mme Attila De Gerando á Marianne Czeke, le 6 janvier 1929, — Départe­ment des manuscrits de la Bibliothéque de l'Académie des Sciences de Hongrie, Ms 843.

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