Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)
22 A qui sont-elles destinées ces lettres écrites au crayon sur du papier rayé? S'agit-il, la de brouillons, de souvenirs jamais envoyes ou rendus á l'auteur? Questions bien souvent débattues auxquelles Romáin Rolland cherche á répondre á la lumiére de ses propres recherches, et de celles entreprises par Marianne Czeke et I. Hajnal. La deuxiéme lettre porté la date du lundi 6 juillet. Dans les années qui peuvent entrer en considération c'est en 1807 et en 1812 que le 6 juillet tombait un lundi. Le second point de repére est cet Eszterházy mentionné dans la premiere lettre qui avec ses 8 chevaux eut autant de malchance en cours de route que Beethoven voyageant en diligence. Romáin Rolland eut l'idée de s'adresser á 1. Hajnal, archiviste de la famille Eszterházy á Kismarton. Dans les deux lettres traitant du sujet 3 3 il résume ses idées et aboutit á la conclusion que le personnage dont il est question dans la lettre de Beethoven serait le prince Paul Eszterházy, ambassadeur d'Autriche auprés du roi de Saxe qui á la fin du mois de juin se trouvait á Prague et de lá se rendit á Teplitz. (On sait que dans les premiers jours de juillet, Beethoven avait brusquement quitté Vienne sans mérne prendre congé de ses amis.) — Dans la deuxiéme lettre, le soir du 6, il se nomme „estivant", et le 7 il figure effectivement sur la liste des hőtes de Teplitz. Rolland suppose que c'est á Prague ou entre Prague et Teplitz qu'il avait rencontré 1' „Immortelle aimée". Dés aprés la mort de Beethoven, on échafaude les hypothéses á propos des deux portraits trouvés dans le tiroir secret. Thayer dans sa biographie fort bien documentée 3 4 déclarait que les lettres étaient adressées á Thérése Brunszvik, et Romáin Rolland á son tour adopta cette hypothése dans son premier petit livre sur Beethoven. Cependant par la suite les recherches au lieu de fournir des preuves á l'appui de cette premiere hypothése, achevérent de brouiller les pistes, et mérne á l'heure actuelle, la question est loin d'étre tranchée. 3 5 Les rapports de Beethoven et' de la famille Brunszvik remontent á l'année 1799. Thérése nous donne une description pittoresque de leurs premiéres visites et des legons prises chez Beethoven. Si l'on connait bien les liens sentimentaux qui unissaient Beethoven et Giulietta Guicciardi, ainsi que les circonstances de la naissance de la Sonate du Clair de Lune, il n'en est pas de mérne pour les véritables relations des deux fiiles Brunsz3 3 Deux lettres de Romáin Rolland (á István Hajnal). Publ. par A. Valkó dans Űj Zenei Szemle, 1955, 2, pp. 29—30. — Ervin Major, A „halhatatlan kedves" (Unsterbliche Geliebte), Űj Zenei Szemle, ibid. p. 31. 3 4 Alexander Wheelock Thayer; Ludwig van Beethovens Leben. Berlin, 1866 —72. T. I—V. 3 5 Siegmund Kaznelson: Beethovens Ferne und Unsterbliche Geliebte, Zürich; 1954. — Elek Környei: A „halhatatlan kedves"-hez írt levelek titka. (La secret des lettres adressées á l'Immortelle Bien-Aimée). Beethoven és Martonvásár c. könyvében (dans son livre intitulé) Beethoven et Martonvásár, pp. 55—62.