A Debreceni Déri Múzeum Évkönyve 1957 (Debrecen, 1958)

Kádár Zoltán: Három római császárkori arcképszobor a Déri-gyűjteményben

Trois bustes romains de l'époque impériale dans la coIIection*Déri Zoltán Kádár Grâce à Fr. Déri, fondateur du Musée, la collection de marbres antiques d'ori­gine non-provinciale du Musée Déri est la plus riche en Hongrie après celle du Musée des Beaux-Árts de Budapest. Il se trouve parmi ces marbres trois portraits romains, d'époque impériale. Le premier représente un homme barbu. Malheureusement, la tête est fortement détériorée: le nez s'étant détaché, sa place fut grattée lors d'un complètement ulté­rieur; à droite, le front est ébréché; la plus grande partie de la chevelure manque; seules, les mèches couvrant la partie gauche du front et la tempe gauche se sont conservées, de même que les bouts des mèches de cheveux sur la nuque. La mou­stache et la barbe sont relativement intactes, bien que la barbe elle-même soit détériorée à droite. La tête est faite avec du marbre de qualité inférieure; le reste du buste a été ajouté à l'époque moderne. (Cf. planches VH.-VIII.) Le mauvais état de conservation de la tête rend datation fort difficile. Selon le catalogue de la collection Déri, il s'agirait là d'un portrait de l'empereur Hadrien. C'est une hypothèse insoutenable. D'un point de vue iconographique, la tête n'a rien de commun avec les portraits authentiques de l'empereur, mais le style lui­même diffère également de celui des portraits de l'époque d'Hadrien. Il est certain que la forme de la tête, la façon de représenter les cheveux rappellent encore quel­que peu l'art de l'époque d'Hadrien, cepedant, les mèches nourries qui, partant de la tempe, couvrent une partie des oreilles, les yeux relativement grands avec leurs pupilles percées, la barbe légèrement en saillie, le regard mélancolique nous renvoient à l'époque des Antonins, et plus préciséement a celle de Marc-Aurèle (161-180). La tête présente certains traits contradictoires: la largeur du visage, sa forme plutôt anguleuse que ronde, les sourcils et le fronts saillants sont autant de traits qui donnent à l'expression une certaine dureté, tandis que les yeux, grands et sculptés d'une façon un peu imprécise, la bouche fine et relativement petite, la courbure en arc de la lèvre inférieure respirent la spiritualité et reflètent un caractère sensible. Il y a une parenté psychologique nette entre les traits de caractère que nous révèle ce buste et ceux que l'on observe dans les portraits du grand emjiereur philosophe, dernier grand représentant du stoicisme. La deuxième statue est un portait de femme, fait quelques dizaines d'années plus tard et qui n'a pas non plus été conservé sous sa forme originelle. C'est en 1913 que Déri l'a acheté, à la vente aux enchères du Dorotheum de Vienne; la pièce avait fait partie de la collection de l'archevêque Taggiasco. Les cheveux aux riches boucles ont été en partie complétés par derrière, le visage, ensuite, a été poli; le buste, ici encore, a été surajouté ultérieurement (planches IX.-X.). Même ansi, il est parfai­tement évident qu'il s'agit d'un potrait de Julia Domna ( + 217) femme de Septime Sévère, l'impératrice philosophe issue d'une famille, sacerdotale d'Emesa. La pièce qui, à notre avis, se rapproche le plus de ce portrait est le buste trouvé à Gabii et qui est actuellement au Louvre. Le portrait de Paris, il est vrai, est d'une qualité bien supérieure, les cheveux, d'un réalisme plus poussé, y sont représentés d'une manière beaucoup plus élégante — mais il n'en est pas moins que le portrait se trouvant dans la collection Déri est également une oeuvre d'une valeur artistique certaine; les cheveux, modelés avec finesse, témoignent du profond sens psychologique de l'artiste. Le troisième portrait romain de l'époque impériale et qui se trouve dans la col­lection Déri est également un portrait de femme. Déri l'a acheté en 1913 chez l'an­60

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