Alba Regia. Annales Musei Stephani Regis. – Alba Regia. Az István Király Múzeum Évkönyve. 15. 1974 – Szent István Király Múzeum közleményei: C sorozat (1976)

Tanulmányok – Abhandlungen - Tóth E.: La survivance de la population romaine en Pannonie. XV, 1974. p. 107–120.

parlait latin dans la Pannonié méridionale des le début du I er siècle( 65 ). Même si cette constatation de Velleius serait outrée, elle témoigne néanmoins le fait que le latin s'est répandu trés tôt en Pannonié mé­ridionale. La mention de la lingua Bessica( w ) nous conduit plus loin, dans les Balkans. On peut facilement comprendre l'usage ecclésiastique de la langue bes­sus d'après les l'opinion de R. M a с M u 11 e n( 67 ): sur le territoire de l'empire romain la subsistance des langues originaires dépendait du fait, si l'Eg­lise les reconnut où non. La subsistance pouvait également être influencée par le fait, si les Eglises, n'usant pas le latin où le grec comme langue liturgique étaient hérétiques où pas( fi8 ). La séparation des héré­POPOVIC, Geschichte der serbo­kroatischen Sprache. Wiesbaden, 1960, 69.) Naturellement je ne tiens pas pour impossible, théorétiquement, qu'entre les montagnes de la Dalmatie, dans certaines petites agglomérations closes, la langue originaire ait été parlée au IV e siècle. Cependant ces groupes — s'ils existaient? — devaient être au IV e siècle déjà trés peu nombreux et isolés. En ce moment nous n'avons pas de preuves concernant la survivance des lan­gues de la population originaire au IV e siècle. (65) Veil., II 110, 4—6 (Leipzig, 1933) Maxima duobus Patonibus ac Pinneti ducibus, auctoritas erat. In omnibus autem Pannoniis non disciplinae tantum­modo, sed linguae notifia Romanae, plerisque etiam litteratum usus et familiáris animorum erat exerci­tatio. Cf. E. Swoboda, Forschungen am Obermoe­sischen Limes, Wien, 1939, 106. (66) D'une part l'existence de la langue bessus axx IV — VI e siècle est contestée. Selon les recherches en majeure partie anciennes, au IV e siècle le peuple thrace s'était romanisé aussi dans sa langue et parlait le latin vulgaire. C'était l'opinion de W. T о m a­s с h e k, J. Jung, Jiricek (V. BESEVLJEV, Über manche ältere Theorien von der Romanisierung der Thraken. Études Balkaniques, I, 1964, 147. — V. Begevljev représente une opinion contraire : selon lui les thraces parlaient au IV e siècle, et même plus tard encore, leur propre langue, (о. c, 155—6) il cite une lettre de Jiricek, selon laquelle vers la fin de sa vie ce dernier change d'opinion: au VI e siècle les thraces usaient une traduction thrace de la bible et des livres liturgiques thraces. Cependant cette thèse n'est pas prouvée. Il est vrai que les sources historiques mentionnent encore au V e et au VI e siècle les bessus et que ces données peuvent être comprises comme prouvant la survivance de la langue bessus (ainsi: V. BESEVLJEV, О. C, 155). Il reste à savoir quelles étaient les influences linguis­tiques prévalant au nord du Balkan, situé sur la frontière des territoires linguistiques grecs et latins, comme étant du grec où latin «pur». Il faudrait également savoir la portée linguistique de la chris­tianisation très forte et rapide des thraces (bessus) (W. TOMASCHEK, Die alten Thraken. Sitzungsb. d. Akad. der Wiss. in Wien, phil. hist. Classe CXXVIII, 1893, 72.; Cf. R. MACMULLEN, Provincial lan­guages in the Roman Empire. AJPh, LXXXVII, 1966,1.) Cf. encore:!. POPOVIC, o.e., 75, ; J. ZEILLEB, о. с, 558; T. NAGY, Die Lehre Photeinos in den theo­logischen Streitigkeiten am Anfang des V. Jahrhun­derts. Oriens Antiquus, 1945, 90, note 26. (67) R. MACMÜLLEN, О. C, 1. (68) Ibid., 5., J. HERMAN, A francia nyelv története (L'histoire de la langue française). Budapest, 1966, 117. tiques pouvait aussi favoriser la subsistance de la lan­gue locale. On se demande si ce fait est valable aussi en Pannonié, où dans une certaine période du IV e siècle la province — au moins sur le niveau de la haute hiérarchie — était arienne ( 69 ). Tout cela cepen­dant, en connection avec l'arianisme, concerne en premier lieu les gentes hors de l'empire, puis s'établis­sant dans l'empire. Cela concerne les gentes (surtou les Goths), car lors de leur réception du christianisme ils parlaient encore leur propre langue, leur langue était vivante, répandue et la seula langue parlée. Lorsque les gentes n'embrassèrent pas la religion orthodoxe, ils traduisèrent les livres liturgiques en leur propre langue et furent d'autant plus exclus des influences linguistiques grèques et latines. Les antagonismes entre vainqueurs et vaincus ressortirent en premier lieu dans les antagonismes religieuses: le contact entre les deux religions était pour ainsi dire la pierre de touche des relations entre les deux peuples, romains et vainqueurs. Aussi longtemps que ces derniers étaient payens où ariens, l'antagonisme des deux peuples était trés prononcée, ce qui empêcha la fusion. Les deux extrêmes sont représentés par les Vandales et les Francs. Après avoir embrassé au religion catholi­que, l'alliance entre vainqueurs et vaincus fut prom­pte. Les chrétiens de la Pannonié parlaient surtout la­tin (une minorité seulement grec)( 70 ) de même que les ariens de la province( 71 ). Le séparatisme théologi­que — au moins sur le plan de la haute hiérarchie — cessa à la fin du IV e siècle( 72 ). Quelques manifes­tations extérieures, moins apparentes pouvait éven­tuellement subsister( 73 ). La diffusion des chrétiens parlant le latin eut pour résultat l'amplification et la subsistance de cette langue( 74 ). Les premiers chré­(69) T. NAGY, A pannóniai kereszténység története (L'histoire du christianisme en Pannonié). Diss­Pann, 11/12, 1939. (70) La langue grecque se sera répandue en premier lieu en Pannónia secunda. (71) En Pannonié, sur le niveau de la haute hiérarchie l'arianisme usait surtout le latin. (T. NAGY, О. С, DissPann, П/12, 1939, 93—4.) Selon notre opinion c'est surtout l'arianisme «théologique» — Surtout les points exposés de l'hérésie — qui frûent acces­sibles aux masses des fidèles et la langue grecque n'influença pas le latin local. Les oeuvres littéraires de l'arianisme de l'Illyricum étaient écrits en latin. (J. ZEILLEB, О. С, 465). (72) T. NAGY, О. С, DissPann, П/12, 1939, 157. A. ALFÖL­DI, Szent István Emlékkönvv. Budapest, 1939, I, 153. (73) On doit penser en premier lieu aux monuments artistiques, aux œuvres symboliques. Sur un frag­ment de ferrure, pouvant être daté de la fin du IV e siècle et retrouvé dernièrement à Ságvár (comi­tat Somogy; Cf. AÉrt, C, 1973, 265) on représente entre les deux chefs d'apôtres St. Thimothée — au lieu du Christ. Il reste à savoir si au fond de cette représentation bien singulière on ne perçoit pas une influence de l'arianisme. (74) Au rattachement du christianisme et de la langue latine voir A. GABCIA Y BELLIDO, O. C, 491; K. HOLL, Das Fortleben der Volkssprachen in Klein­asien, in Nachchristlicher Zeit. Hermes, XLII, 1908, 249; J. HERMAN, О. С, 112. 8* 115

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