Alba Regia. Annales Musei Stephani Regis. – Alba Regia. Az István Király Múzeum Évkönyve. 4.-5. 1963-1964 – Szent István Király Múzeum közleményei: C sorozat (1965)

Tanulmányok – Abhandlungen - †Csemegi József: Fragment d’une frise romane provenant de Szabadegyháza. IV–V, 1963–64. p. 129–133. t. XXXV–XXXVI.

un grand portail — tel que celui de l'église Saint-Paul de Varax — portail dont l'archi­tecture devait se jeter de ses deux côtés à la façade. C'est là que notre image sculptée a dû être disposée parmi d'autres, formant la frise supposée, et dont seulement ce seul vestige nous est resté." Donc, si jamais une de ces idées allait se justifier, on pourrait — d'après ce re­lief — présumer l'existance d'une église de grande dimension à Szabadegyháza; église ro­mane à portail nécessairement dédoublé, à plein cintre muré où notre relief aurait fait partie d'une composition sculptée, ou bien à l'intérieur d'une architecture s'étendant peut­être aussi sur la façade. Ainsi que nous l'avons déjà mentionné, notre image sculptée présente dans tout son premier plan une table mise dont les plis faibles s'in­terrompent, en espaces égaux, par de plis amp­les, parfois même évasés. Dans l'arrière plan, de l'autre côté de la table, on distingue trois figures attablées. Celle du milieu porte un manteau, et une coiffure caractéristique, une sorte de couronne orientale, ornée de perles. Bienque la tête-même de ce personnage soit fort endommagée, les restes indiquent indubi­tablement que l'imagier y ait sculpté un visage d'homme barbu. A la gauche de cet homme à tête couronnée se tient un autre personnage — également défiguré — dont les vêtements dénotent le sexe féminin, du moins d'après son fichu entourant étroitemenet son visage. La troisième figure de cet ensemble se tient du côté droit du personnage du milieu — c'est celle­ci qui est la plus endommagée. Le bras droit lui manque entièrement. Mais il est clair qu'il représente un homme à nue tête qui, dans sa robe resserrée par une ceinture, faisant de la main gauche un geste semblant ébauché à cause de l'état défectueux de sa main; peut-être lève­t-il son gobelet, et par ce fait il a l'air d'avoir un certain contact d'entente avec l'homme à couronne. Mais la femme à son autre côté parait également avoir affaire avec lui; elle tient sa tête doucement inclinée vers lui, mais ses yeux ne semblent pas suivre ce geste. En effet, l'attitude de cette tête trahit plutôt un regard significatif vers la gauche — c'est pro­bablement ce regard fuyant qui rattache le fil de l'histoire à la suivante pierre sculptée, malheureusement disparue (PI. XXXVI, 1). Cette femme est toute enveloppée dans son manteau, elle n'a que les mains découvertes. Sa droite suit son regard, mais le geste semble un peu incertain: en revanche, sa main gauche indique nettement la personne du milieu. Ten­dences toujours contradictoires que veut ex­primer le pantomime de la femme — tendences, qui l'attache d'une part à l'homme du milieu, d'autre part à une ou plusieurs personnes, à une certaine action qui doit se passer sans doute à la gauche, sur le champ de la pierre qui a dû suivre celle-ci. L'homme à tête cou­ronnée est indubitablement au centre de notre histoire lapidaire. Les deux figures qui l'entou­rent semblent se rattacher à lui de quelque manière. Lui-même est situé frontalement, étant, pour ainsi dire l'axe de toute la composi­tion. Il relève la main gauche, tandis que la droite — à présent mutilée — a dû reposer sur la table, ou peut-être allait-elle en saisir quel­que chose. Tout ce que nous venons de dire rend l'hy­pothèse invraisemblable que cette composition représenterait la Cène. Bienque le motif de la table dressée, occupant le premier plan, nous en ait donné une telle idée première mais cela n'est pas forcément un critère décisif vu que dans le Moyen Age le motif de la table mise a été aussi représentée dans d'autress scènes puisées dans la Bible. Rien ne prouve — même de point de vue iconographique — que la fi­gure à couronne soit le Christ, et que sa main soit levée pour la bénédiction, non, car l'index et le doigt du milieu sont levés pour prêter serment. D'ailleurs, jamais le Christ de la Cène n'a été représenté couronné. Aussi la présence de la femme est-belle bizarre, inexplicable; enfin un fait inconcevable au Moyen Age: la représentation de Jésus-Christ et de ses Apôt­res sans auréole. Pour en finir, parlons de la table richement chargée de plats, faisant un contraste sensible avec le pain et le poisson: mets modestes des Cènes­Non! C'est un véritable festin que nous avons à envisager ici, et non la Cène! La table est chargée de plats lourds, étalant non seule­ment des poissons et du pain, mais bien d'autres choses, des mets friands et des fruits splendi­des. Non, ce n'est pas du tout la Cène, c'est bien plutôt le régal d'Hérode que le ciseau de l'ima­gier ait taillé en pierre. Le milieu de la table — la place d'honneur — est occupé par Hérode, à sa droite un courtisan lui tend une coupe ou un gobelet, ou plutôt, lui verse du vin. Peut­être que derrière lui — sur la partie disparue de la frise — verrait-on des invités et d'autres courtisans. A la gauche d'Hérode c'est la reine, Hérodiade qui préside: c'est elle qui, de sa main droite, semble faire quelque signe à sa fille Salomé — tout porte à croire que la par­tie suivante de la frise ait représenté des mu­siciens et les danses enjôleuses de cette prin­cesse séduisante. Cependant l'intriguante fé­lonne, Hérodiade tend d'une insistance douce la main gauche vers le roi, comme lui rappe­lant le serment qui l'engage à presenter à sa fille le cadeau promins: la tête de Jean-Bap­tiste. Peut-être en était-il ainsi pour les parties disparues. Mais il n'est non plus exclu que les danses de Salomé aient eu lieu du côté droit d'Hérode, et que l'imagier ait placé la dé­130

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