Fitz Jenő (szerk.): A Pannonia Konferenciák aktái IV. Bronzes Romains figurés et appliqués et leurs problemes techniques - István Király Múzeum közelményei. A. sorozat 27. A Pannon konferenciák aktái 4. (Székesfehérvár, 1984)

I. Manfrini: "Maniéres" de bronziers égyptiens

L’identité des deux figurines laisse entendre qu’elles sont non seulement le produit d’une même main, mais encore qu’elles sortent de matrices communes qui sont probablement partielles. C’est-à-dire qu’ine mère matrice a servi pour la fabrication des corps, une autre pour la fabrication des deux têtes, une troisième et une quatrième pour la fabrication des bras. Le tout pouvant avoir été assemblé dans la cire avant d’être enfermé dans un moule qui, lui, n’a servi qu’une fois. Seuls des examens radio­graphiques permettraient peut-être de confirmer ces pro­positions. La ressemblance entre la tête de Bacchus et celle des deux Ménades est aussi assez évidente (PL XL1X, 2—4). Il semb­le bien que le bronzier ait à nouveau utilisé la même matri­ce, se bornant à ajouter le bandeau frontal et à recourber plus légèrement les feuilles. Les dimensions sont sensible­ment identiques. La tête de Bacchus est peut—être d’un travail un peu plus soigné que les deux autres. Les trois cous en revanche ne sont pas semblables ; le bronzier a donc probablement utilisé une matrice pour la tête seulement et une autre pour le corps avec le cou. A première vue, le Satyre ne semble présenter aucune ressemblance avec les trois autres figurines (PL L, 1). Ce fait est évident pour la tête alors qu’un examen attentif du corps incite à penser que, là encore, une ou plusierus matri­ces ont servi et pour Bacchus et pour le Satyre. De face et de dos, le modelé est exactement le même; seule la position des bras et des jambes depuis le genoux n’est pas semblable (PL L, 1—2). La comparaison des deux dos est particulière­ment révélatrice (PL L, 3—4); la peau animale, nouée sous le cou, que porte le Satyre n’est absolument pas indiquée dans la partie postérieure. Elle a donc été ajoutée après— coup, vraisemblablement dans la cire. Les mesures donnent une idée du nombre de matrices utilisées pour composer ces figurines(6). Deux matrices différentes pour les têtes, une autre commune pour le corps jusqu’au bourrelet de la hanche, une troisième ou la suite de la précédente depuis le bourrelet de la hanche jusqu’à la saignée du genou, une quatrième, différente, pour les jam­bes, et d’autres encore pour les bras. Si nous comparons maintenant les visages (PL LIX, 4; LI, 1), nous constatons une grande similitude dans le travail et plus particulière­ment dans le rendu du nez, détail „morellien” puisqu’il a exactement la même forme dans les quatre figurines, tra­hissant par là une même main. Un cinquième bronze (PL LI, 2), un buste sans provenan­ce et conservé à Oxford, semble offrir une certaine ressem­blance avec les quatre statuettes dont il vient d’être question. Bien que la facture soit plus soignée, la forme du visage est la même ainsi que le nez fort et légèrement épaté; puant à la bouche, elle identique. La photographie dont nous dis­posons limite les observations. Elle révèle toutefois une même manière de rendre la couronne avec les feullies détac­­jées de la tête. Nous n’avons pas vu ce buste mais la patine semble être granuleuse comme celle d’un grand nőmre d’objets provenant d’Egypte. La provenance est donc très vraisemblablement égyptienne et non romaine comme le suggère le lieu où a été acpuis ce buste. Quant à la main, si elle était la même, elle indiquerait que les artisans n’étaient pas spécialisés, ni dans la fabrication de figurines ni dans celle bustes d’applique, comme le pensent certains, mais que bien au contraire ils pratiquaient un éclectisme des tendan­ces, des thèmes et des formes. Les bronzes d’Egypte constituent un domaine encore inconnu où les problèmes abondent. Nous en avons abordé quelques uns, réservant pour plus tard une étude plus exhaustive. BIBLIOGRAPHIE Boucher 1976 Braemer 1963 Charbonneaux 1958 Comstock—Vermeule 1970 Edgar 1903 Hoffmann 1970 Kent Hill 1949 Kent Hill 1958 Manfrini Pop Ridder 1913 Rolley 1967 S. Boucher, Recherches sur les bronzes figurés de la Gaule préromaine et romaine. F. Braemer, L’art dans l'Occident romain. Paris. J. Charbonneaux, Les bronzes grecs. M. Comstock—C. Vermeule, Greek, Etruscan and Roman bronzes in the Museum of Fine-Arts Boston. Boston. C. C. Edgar, Catalogue général des antiquités égyptiennes du Musée du Caire. Greek Bronzes. W. Hoffmann, Ten Century that shaped the West. D. Kent Hill, Catalogue of Classical Bronze Sculpture in the Walters Art Gallery. D. Kent Hill, An Egypto-Roman sculptural type and mass production of bronze statuettes. Hesperia, XXVII, I. A. Manfrini, Bacchus et les bronziers d'époque hellénistique et romaine (à paraître). C. Pop, Din nou despre reprezentarile dionysiace in Dacia. Once again about the Dionysian repre­sentations in Dacia. AMN, X, 595—603. A. de Ridder, Les bronzes antiques du Louvre I. Les figurines. Paris. C. Rolley, Griechische Kleinkunst. Monumenta Graeca et Romana, V. Griechische Kleinkunst. Fase. 1. Die Bronzen. (6) Pour les mesures, se reporter à la liste des objets. Seule une reconstitution experimentale en laboratoire, de ce procédé permettrait de se rendre compte de nombre de matrices possibles et des possibilités d’assemblage au niveau de la matrice du moule ou meme de l’objet fini. 98

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