Fitz Jenő (szerk.): Forschungen der Steinskulptur der Arpadenzeit in Ungarn - István Király Múzeum közelményei. A. sorozat 24. A Pannon konferenciák aktái 3. (Székesfehérvár, 1979)

P. Skubiszewski: Quelques observations sur le portail roman de Tum (Leczyca)

architecturale; leurs sources lombardes ont déjà été indiquées par M. W a 1 i c k i (1938, 48; 1971, 203 — 205) et Z. àwiechowski (1964, 16 — 21, 54, n. 49). Le caractère hétérogène du décor du portail est en accord avec des processus parfois longs, au cours desquels se formaient les ateliers itinérants en Europe centrale. Le maître du tympan qui était, peut-être, également Fauteur des animaux, s’associa avec un lapicide qui exécuta les chapiteaux et, avec un autre, qui travailla les deux voussures intérieures. Le pre­mier est issu du grand atelier de Parme. Le second Fig. 4 : Ornement sur fol. 60 v° de l’Evangéliaire de Kruszwica. Gniezno, Bibliothèque du Chapitre. représentait quelque milieu lombard. Le dernier a probablement reçu sa formation en Europe centrale et son expérience très limitée dans le domaine de la sculpture architecturale explique pourquoi il a eu recours aux motifs courants dans les arts mineurs. En Pologne, n’est-ce pas seulement au moment où le groupe initial des lapicides se révéla trop peu nombreux pour exécuter la commande qu’on fit appel à cet artiste? On observe en Pologne, au XIIe s. une coexistence des orientations très différentes de l’art roman et, dans le domaine des arts mineurs, l’influence de la Rhénanie, du pays mosan et de la Basse Saxe était particulièrement forte (Walicki 1971). Un artiste italien qui travaillait à une telle distance de son pays natal ne pouvait pas toujours choisir librement ses collaborateurs. On connaît, d’ailleurs, des régions, où les sculpteurs étaient in­comparablement plus nombreux, des chantiers dans lesquels les artistes, formés par des milieux fort diffé­rents, travaillaient , l’un à côté de l’autre, tous réunis par l’oeuvre commune. Tel était souvent, entre autres, le cas des portails où les tâches ont pu être facilement réparties entre les lapicides, l’oeuvre entière ayant été montée de plusieurs pièces (Vekzáb 1968, 98; Raspi Serra 1970, 27). Ces processus complexes de la formation d’un atelier dans une région éloignée des grands centres artistiques expliquent aussi la rencontre des artistes appartenant à diverses générations. Le maître du tympan de Tum a très vraisemblablement quitté le milieu artistique émilien au cours du second quart du XIIe s. ; le style des voussures que nous attribuons à l’influence germanique se situe dans le troisième quart de ce siècle(17). Le maître d’oeuvre, qui était probablement aussi l’auteur du tympan, a pourtant su unir ces éléments chronologiquement et stylisti­­quement divers en une struct ure consistante et équili­brée!18). P. Skubiszewski W arszawa (17) L’opinion de M. W a 1 i c k i (1971, 203), qui datait le portail vers 1170, se trouve ainsi confirmée. (18) L’atelier de Tum a aussi travaillé à WiSlica où les animaux d’un tympan et les chapiteaux de la crypte accusent les mêmes formes (Walicki 1971, 199, 203 — 204). Je tiens à exprimer mes remerciements à Messieurs Witold Dobrowolski, Victor H. Elbern et Arturo Carlo Quintavalle qui m’ont fourni plusieurs photo­graphies ici reproduites. 44

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