A Herman Ottó Múzeum Évkönyve 46. (2007)
ELŐADÁSOK A VALLONOK TÖRTENETÉHEZ - József Török: Les Débuts de l'Eglise Latine en Hongrie
derrière cette simple et sommaire affirmation se cache une réalité historique beaucoup plus complexe. L'origine des Magyars (Hongrois) reste l'objet d'âpres discussions 10 : notre langue se rattache au groupe des langues finno-ougriennes mais l'ancien turc l'a également influencée." Il est bien connu que les tribus hongroises sont arrivées en 895-896 et que vers 900 elles achevèrent l'occupation du bassin des Carpates. 12 Les Hongrois formaient sept tribus de langue finno-ougrienne („magyares") et il y avait trois tribus de langue turque („khazares"). 13 Il est important de souligner ce phénomène khazar car les tribus hongroises, vers le début du IX e siècle, vécurent pendant de longues années prés de la frontière du royaume khazare. Les Khazars sont le seul peuple de l'histoire à s'être converti, en partie mais en masse, au judaïsme, vers la fin du VIII e siècle, tandis que le reste du peuple khazar se ralliait à la même époque à l'islam. 14 Sans vouloir exagérer l'influence de la religion adoptée par les Khazars, on est en droit de dire qu'à partir de cette époque, les Hongrois ont eu la chance de faire la connaissance du monothéisme. 15 Les trois tribus khazares qui accompagnaient les tribus hongroises dans leur nouvelle patrie danubienne assuraient d'une certaine manière la présence de la pensée monothéiste. Pour comprendre la préparation du terrain spirituel pour l'oeuvre de saint Etienne, revenons un peu en arriére, c'est-à-dire au milieu du X e siècle. Vers 950 ; Byzance envoya un évêque missionnaire en Hongrie: il séjourna au sud du pays, mais après quelques années sa mission fut interrompue. 16 En 963, le prince Taksony, le grand-père d'Etienne, s'adressa directement au pape pour lui demander l'envoi d'un évêque. Le pape, qui était alors le fameux Jean XII, consacra et envoya un clerc nommé Zacheus, mais l'empereur Otton I er l'empêcha de se rendre dans le pays. L'objectif de l'empereur était clair: que les évêques missionnaires fussent envoyés non pas par le pape mais par lui-même pour que les ecclésiastiques soient la garantie de la dépendance de l'Église naissante. 17 Le fils et successeur de Taksony, le père d'Etienne, Géza, avait soin de garder son indépendance, mais l'alliance des deux empires conclue à Rome, à Pâques 972, l'obligeait la Hongrie médiévale, dans Miscellanea históriáé ecclesiasticae, 5, Louvain, 1974, p. 159-167; László Mezey, Pannónia quae et Hungária, dans Vigília, 35, 1970, p. 795-800. 10 István Zimonyi, «Préhistoire hongroise : méthode de recherche et vue d'ensemble», dans Les Hongrois et l'Europe. Conquere et intégration, éd. Sándor Csernus et Klára Korompay, Paris-Szeged, 1999, p. 29^3. 11 Lóránd Benkő, «La situation linguistique des Hongrois de la conquête et ce qui en résulte», dans Les Hongrois et l'Europe..., cit., p. 121-136. 12 Gyula Kristó, «La conquête hongroise (réalité et tradition), dans Les Hongrois et l'Europe..., cit., p. 137-148. 13 Zoltán Kordé, «Kabars, Sicules et Petchénegues. Les Hongrois et les auxiliaires militaires (IX C-XIL siècle)», dans Les Hongrois et l'Europe..., cit., p. 231-239. 14 D. M. Dunlop, The history of the Jewish Khazars, Princeton, 1954. 15 András Róna-Tas, A honfoglaló magyar nép [Le peuple hongrois conquérant], Budapest, 1996, p. 189-193. - Bozsóky Pál Gerő, Magyarok útja a pogányságból a kereszténységig [La voie des Hongrois. Du paganisme au christianisme], Szeged, 1999. p. 81-85. 16 Gyula Moravcsik, Az Árpád-kori magyar történet bizánci forrásai [Les sources byzantines de l'histoire hongroise de l'époque des Árpád], Budapest, 1984, p. 85. 17 Liutprandus episcopus Cremonensis, Liber de rebus gestis Ottonis Magni imperatoris, éd. Pertz, dans Monumenta Germaniae historica, Scriptores, III, p. 340-346. - Péter Püspöki Nagy, «Szent István egyházszervezete. Előzmények, kánonjogi háttér» [L'organisation de l'Église de saint Étienne. Signes avant-coureurs, éléments du droit canon], dans Szent István és kora, Budapest, 1988, p. 58-59. - Ferenc Makk, Magyar külpolitika [Politique étrangère de la Hongrie], Szegèd, 1993, p. 28-29. 531