Levéltári Közlemények, 47. (1976)

Levéltári Közlemények, 47. (1976) 2. - FORRÁSKÖZLÉS - Chastain, James: Iratok Franciaország magyarországi politikájának történetéhez 1848-ban / 269–294. o.

Iratok Franciaország magyarországi politikájának történetéhez 1848-ban 289' Cependant, en temps de paix assurée, il y a toujours un tiers au moins de l'armée en congé. De 1813 à 1815, l'Autriche, malgré 25 ans de revers, entretint toujours une armée de plus de 490 000 hommes. Son contingent des frontières militaires est le plus exercé, le plus mobile et toujours le plus complet de ces corps. Le recrutement varie dans chaque Province. En Hongrie, toute la noblesse doit servir, et le paysan est envoyé à l'armée par son seigneur dans une proportion déterminée par les Etats selon les besoins. Dans les confins militaires, tout homme valide est tenu de servir. En Bohême et en Gallicie, le recrutement a lieu parmi les hommes valides de 19 à 29 ans, ainsi que dans toutes les provinces allemandes de la monarchie. Le remplacement est soumis à de très grandes difficultés. En Italie les hommes valides de 20 à 25 sont tous obligés de servir. En Tyrol les hommes sont tous soldats depuis 18 ans et peuvent être appelés sous les drapeaux jusqu'à l'âge de 50; (ceci, a été pratiqué de 1802 à 1804). La durée du service vient d'être réduite à 8 ans. La marine autrichienne prend un certain essor depuis la fondation du Loyd à Trieste, lequel a déjà 44 bateaux à vapeur. Elle se compose de 57 voiles dont 3 frégates, 2 corvettes, 3 brigs, 3 goélettes, et 46 petites embarcations, armées en tout de 510 pièces de canon et montées par environ 2 à 3 000 matelots. Budget Comme ressources financières, l'Autriche possède plus de 265 millions de biens nationaux; 250 millions de biens du clergé; des salines de l'Etat évaluées à plus de 100 millions, des mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer, de houille, de pierres précieuses, d'une valeur immense, sur lesquelles l'état exerce des droits régaliens. Elle n'a qu'un budget d'environ 148 millions de florins en recettes, et de 150 millions environ en dépenses. Cependant, d'après les dernières publications, l'équilibre doit être rétabli cette année. La dette publique est de 996 000 000 de florins. La Hongrie n'est point comprise dans cet aperçu financier; les ressources personnelles peuvent s'évaluer à près de 5 ou 600 millions de francs en biens nationaux, régales et biens du clergé. Au moment de sa révolution son budget spécial s'élevait à 4 ou 5 millions de florins! et c'est un pays qui n'a en étendue que 2/5 de moins que la France. Conséquences d'une guerre avec l'Autriche En cas de guerre avec l'Autriche, on verrait toutes ces races, que la paix a divisées, se réunir comme un seul homme contre nous. A cela deux causes: I e nous sommes détestés; parce qu'on nous jalouse et qu'on nous croit toujours la soif secrète des conquêtes; 2 e toutes ces diverses races préfèrent encore, à tout autre, le sceptre paternel de la maison dAutriche, sous lequel elles ont la seule chance d'être administrées selon leurs traditions et leurs voeux d'indépendance. On verrait ensuite la Russie venir garder la Gallicie, la Bohême et même envoyer un corps d'armée au secours de Radetzky, qu T elle vient de décorer si pompeusement. L'Allemagne, qui verrait un de ses confédérés attaqué, et qui se verrait menacé sur l'Adriatique, dont le cabinet de Vienne lui a fort adroitement ouvert la navigation en lui livrant Trieste, l'Allemagne se hâterait de faire une diversion sur le Rhin, où trône déjà un Archiduc. Quant au rôle de l'Angleterre, il se devine. Il est encore bon de ne pas oublier le peu de sympathie véritable que les Lombards ont pour nos armes. Quel est donc l'intérêt de la France? Ici donc l'intérêt de la France est fort simple: Pousser l'Autriche, ainsi que je l'ai indiqué, dès le 14 mars, à entrer dans la voie d'une monarchie federative. Ainsi constituée, elle n'est plus à craindre pour nous, et elle vient accroître ce système, cette masse de petits Etats qui nous séparent de la Russie. Si nous parvenons à lui faire ériger une Lombardié avec des institutions, avec une administra­tion et une armée Italiennes, nous aurons plus fait pour l'affranchissement de l'Italie, dans un temps donné, que nous ne pourrions faire avec une armée. Nous amenons l'Autriche, par la force même de son ancien système de politique intérieure, à se diriger par le Danube vers l'orient ; nous empêchons la mer noire de devenir un lac russe, et nous conservons d'excellens rapports avec l'Angleterre. Tout en suivant cette marche, il faut bien nous garder d'accroître en quoi que ce soit la Sardaigne. Il nous faut une Italie aussi divisée que l'Allemagne.

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