Levéltári Közlemények, 47. (1976)

Levéltári Közlemények, 47. (1976) 2. - FORRÁSKÖZLÉS - Chastain, James: Iratok Franciaország magyarországi politikájának történetéhez 1848-ban / 269–294. o.

Iratok Franciaország magyarországi politikájának történetéhez 1848-ban 287 Franciaország célja egy erős, liberális Ausztria volt, amely képes a Habsburg-ház megdöntésére és szembe tud szállni az Európát meghódítani akaró cári törekvésekkel. Bernays küldetése az volt, hogy propagandisztikus eszközökkel aláaknázza a Habsburg-házat. Bystrzonowskit azért küldték, hogy a magyarok és szerbek kibékítése útján Magyarországon egyesült frontot hozzon létre a reakció ellen. Bastide-nak közvetlen francia katonai segítségre vonatkozó ígéretét arra a „valószínű esetre", hogy 1849 tavaszán Franciaország és Ausztria között kitör a háború, nem szabad könnyedén el­vetni egyrészt a feltétlen tisztességéért kijáró tekintélye miatt, másrészt, mert egész életét a köztársa­sági Összeesküvésiügy szolgálatában töltötte. Ám néhány héten belül Bastide közömbössé vált ígérete iránt. Azt hitte, hogy a bécsi októberi forradalom azt jelenti, hogy Ausztriát „elkerülhetetlenül" ha­talma alá hajtja a „szláv és katolikus" többség. Ilyenformán Franciaország magyarországi katonai beavatkozásának elmulasztását a forradalmárok erejének túlságosan derűlátó túlértékelése, az udvari kamarilla regenerálódó erejének lebecsülése, Bastide naiv, idealista világnézete, nem pedig a reálpo­litikán nyugvó megfontolás, vagy a Magyarország szabadságáért való aggódás hiánya okozta. IRATOK 1. Bécs, 1848 szeptember Jean Alexis vicomte de Gabriacnak, a bécsi francia nagykövetség másodtitkárának beszámolója Ausztria általános helyzetéről. Situation de l'Autriche au mois de septembre 1848 Personne n'ignore ce qu'était l'Autriche avant le 13 Mars 1848. Son gouvernement avait pour principe l'absolutisme, tandis qu'il reposait de fait sur une oligarchie, représentée par la célèbre conférence de Cour et d'Etat, dans laquelle siégeaient: I e l'Empereur (pro forma); 2 e son frère, futur Empereur, l'archiduc François-Charles; (encore pró forma); 3 e l'archiduc Louis, oncle des precedens; 4 e le Prince de Metternich; 5 e le comte de Kolowrat. L'archiduc Louis et le Prince de Metternich étaient les véritables chefs de l'Empire ; bien que les autres membres de la conférence fussent consultés dans certaines affaires, il ne leur était point permis de faire prévaloir leurs opinions, les deux premiers, parce qu'ils n'en avaient point, le cinquième, parce qu'il jouait le libéral. Ce gouvernement avait adopté deux grands systèmes de politique, auxquels il sacrifiait toutes les grandes questions qui pouvaient surgir; c'était au dehors, la paix; au dedans, la domination des diverses races de l'Empire l'une par l'autre. Le premier système était fondé sur l'incapacité notoire du chef de l'Etat et la nécessité de contenir les ambitions subalternes ou dynastiques qui, en cas de guerre, auraient eu l'occasion de porter atteinte à ce grand principe de la légitimité, tou­jours proclamé par l'Autriche ; le second reposait sur le nécessité de paralyser les efforts d'indépendance des trois races les plus turbulentes de l'Empire, les Polonais, les Hongrois et les Lombards. La paix au dehors favorisait l'application du second système, tandis que celui-ci poussait forcément à l'inimitié de toutes les races entr'elles, et, par conséquent, à la naissance ou à la résurrection des nationalités diverses, dont le temps devait infailliblement amener le développement et les idées d'indépendance. En entrant, en 1841 et 1842 dans la voie des intérêts matériels, le cabinet de Vienne a donné, sans s'en douter, la plus vive et la plus rapide impulsion au mouvement et aux tendances séparatistes qui agitent actuellement l'Empire. Les idées ou les discussions politiques dont la censure empêchait l'impression entrèrent et circulèrent dans les wagons. Les grandes opérations financières de l'Etat à cette époque éveillèrent l'attention des contribuables; les diverses Diètes de l'Empire voulurent être mieux éclairées sur l'assiette, le prélèvement et l'emploi des deniers publics; chacune voulut ensuite son budget spécial chacune se plaignit du sien et critiqua celui de son voisin. La cen­sure devint impuissante. Lorsque la révolution de Février éclata, l'Autriche qui était en train de faire la sienne au bruit des réformes du Pape et à la chute du Sonderbund, l'Autriche ne put se soutenir plus longtemps, et Vienne donna le signal le 13 Mars. Il serait trop long d'énumérer tous les griefs argués comme prétextes du mouvement. Il suffira de savoir jusqu'où peut et doit pénétrer la révolution autrichienne pour la juger à notre point de vue. Elle a été faite en majeure partie et presque uniquement par quelques membres des professions libérales et par les étudiants. A Vienne, les meneurs sont des avocats, des médecins, des aubergistes, et quelques littérateurs peu renommés ou médiocrement famés, soutenus par la jeunesse et quelques marchands. Il n'y a pas en Autriche de classe moyenne à proprement parler. La haute bourgeoisie est peu nombreuse et animée d'un esprit de conservation,

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