Levéltári Közlemények, 39. (1968)

Levéltári Közlemények, 39. (1968) 2. - Fallenbüchl Zoltán: A Magyar Kamara tisztviselői a XVII. században / 233–268. o.

268 Fallenbüchl Zoltán: A Magyar Kamara tisztviselői a XVII. században -exerçaient leurs fonctions d'administration financière conformément à la constitution hongroise. Ce n'est qu'au moment de l'expulsion des Turcs du pays, lorsque le roi Leopold I avait déjà d'importantes forces militaires dans le pays, que, à l'instar de la France, le monarque absolu commençait à transformer d'après ses principes l'administration des finances et qui fit ses effets aussi sur le sort des fonctionnaires de cette Chambre. Alors que, dans la première moitié et au milieu du siècle, le corps des conseillers se composait dans la plupart des Hongrois, à l'époque de l'absolutisme et surtout dans les deux dernières décades du siècle, le corps des conseillers fut complété, pour la moitié d'étrangers — d'Autrichiens, d'Allemands, d'Italiens etc. — Les fonctionnaires inférieurs restèrent dans une forte majorité, jusqu'à la fin, des Hongrois, quoique des étrangers recommandés par la Chambre impériale de Vienne y aient été placés. L'étude des lieux d'origine, autant qu'il était permis d'y conclure des données des lieux d'origine et des noms patronymiques, nous ont porté à supposer que les fonctionnaires étaient venus des comitats voisins hongrois. Ce sont les comitats de Pozsony, de Nyitra et de Tren­csén qui devaient donner la plupart des fonctionnaires. Ces fonctionnaires firent tous leurs études au lycée latin et nous avons des données de la formation universitaire de quelques-uns. Ils étaient dans la plupart anciens élèves des écoles des Jésuites; plus tard, ils aidèrent maté­riellement ces écoles. Voici une donnée qui caractérise bien le degré de leur formation intellec­tuelle: l'un d'entre eux légua au Collège de Pozsony sa bibliothèque composée de 400 volumes, nombre relativement très élevé à cette époque. Il est caractéristique en outre que les fonction­naires qui travaillaient jusqu'à la fin de leur vie à la Chambre, essayaient d'y placer leurs fils ou leurs gendres, ils constituaient donc de véritables dynasties de fonctionnaires a la Chambre de Pozsony et dans les bureaux de douane. Les éléments d'origine bourgeoise-patri­cienne ou paysanne s'assimilèrent à ce corps de fonctionnaires venu de la noblesse moyenne. Dans ce corps, on ne trouve pas d'aristocrates, mais quelques-uns d'eux, du fait de leur état de service, se virent leur conférer le rang d'aristocrate. Les fils de plusieurs familles de l'admi­nistration municipale de Pozsony furent admis à la Chambre de Pozsony, et pourtant, le caractère qu'elle avait du fait de l'écrasante majorité des fonctionnaires venue de la noblesse moyenne, ne se modifia guère jusqu'à la fin du siècle. Le traitement de ces fonctionnaires ne constituait pas un lourd fardeau aux finances publiques. Les émoluments de tout le corps ne s'élevait guère dans la seconde moitié du XVII e siècle au-dessus de 10 pour cent des recettes de l'État: les fonctionnaires n'étaient pas bien rétribués, d'où les secours leur alloués si fréquemment par ordre royal ou par décision de la Chambre. Las conditions d'existence deve­naient très difficiles surtout par l'augmentation des prix des temps de guerre. La plupart des conseillers étaient propriétaires d'immeuble à Pozsony, les petits fonctionnaires avaient par contre souvent des difficultés du fait de la pénurie de logements, Conséquemment, tous ceux qui avaient des difficultés de logement et aussi en raison des possibilités plus grandes d'avan­cement et de rétribution, et qui abandonnèrent tout espoir d'un avancement au sein de la Chambre, étaient prêts à aller en province et à occuper des fonctions dans la perception de la traite. Les possibilités de faire carrière dans la Chambre de Pozsony devinrent encore plus maigres vers la deuxième moitié du siècle, comme le nombre d'étrangers nommés aux postes de conseiller ne cessait d'augmenter. Alors que, au début du siècle, six commis avaient eu la possibilité d'arriver au rang de conseiller, vers la fin du siècle, le nombre de ceux-ci a baissé à un seul commis. Les fonctionnaires travaillaient jusqu'à la fin de leur vie, ils jouirent de cadeaux royaux en cas de maladie, de même que les veuves et les orphelins reçurent ce cadeau; l'institution de la pension de retraite était quasi inconnue, quelques cas en sont relevés et surtout chez les courriers. Par contre, il était de coutume de donner des cadeaux de mariage par la Chambre. En fin de compte, les deux principaux traits caractéristiques des fonction­naires de la Chambre étaient la stabilité et la compétence, forces qui contribuaient à la con­servation de cette institution; ce fut ce corps de fonctionnaires au nombre assez limité qui créa les bases du corps de fonctionnaires au nombre bien élévé de la Hongrie au siècle suivant.

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