Levéltári Közlemények, 28. (1958)

Levéltári Közlemények, 28. (1958) - IDEGEN NYELVŰ KIVONATOK - Francia nyelvű kivonatok / 337–345. o.

Idegen nyelvű kivonatok 345 LA DOMINATION TURQUE DANS LE COMPTAT DE PEST, PENDANT LA SECONDE MOITIÉ DU 17ième SIÈCLE István Purjesz Cette publication contient le texte d'un procès-verbal d'enquête contenant les dépositions des communes soumises aux Turcs du comitat de Pest. L'introduction précise .que les autorités des régions frontalières du territoire occupé par les Turcs intentèrent en avril 1668, sur l'ordre du roi, une enquête générale, concernant les exactions, les violences et les abus commis par les Turcs, depuis la conclusion du traité de paix de Vasvár. Chassés de leurs propres territoires par les Turcs, les magistrats cantonaux des comitats unifiés Pest, Pilis et Solt invitèrent les représentants des communes de leurs cantons à Fülek, dans le comitat de Nógrád, qui était alors le chef-lieu provisoire du département occupé, puis ils enregistrèrent les dépositions des villages et des bourgs sous la domination turque. Sur les 120 agglo­mérations habitées du comitat de Pest, les délégués de 94 firent des dépositions détail­lées, en réponse aux 12 questions qui leur étaient posées, concernant les conditions de vie dans les territoires soumis et les charges seigneuriales et fiscales qui pesaient sur la population. La situation qui se dégage de l'ensemble de ces dépositions semble Indiquer que le régime de la domination turque avait déjà traversé une certaine évolu­tion. Au 16ième siècle, l'État turc avait réparti le territoire de la Hongrie conquise — á l'exception de certaines terres maintenues dans la gestion directe du Trésor turc — entre différents personnages militaires et dignitaires civils, à titre de bénéfices revo­cables Étant des caractère temporaire, ces cessions ne pouvaient être ni héritées, ni vendues, ni hypothéquées. Or, notre procès-verbal atteste qu'à la seconde moitié du 17ième siècle, ces terres étaient non seulement héréditaires, mais qu'elles étaient l'objet de transactions régulières, effectuées dans un but de spéculation. Ce resserrement des attaches entre propriétaire et propriété devait d'ailleurs entraîner de nombreux changements. Auparavant, en raison du caractère temporaire de sa possession, le pro­priétaire turc n'exploitait jamais ses terres lui même et se contentait de s'emparer de la plus grande partie possible des produits du travail des paysans, sous forme de redevances en argent ou en produits. Le changement dont nous parlons modifia l'atti­tude des propriétaires turcs, qui se mirent eux-mêmes à exploiter les terres, à faire cultiver les vignes et à faire mettre leur vin en vente dans les villages. La vie des serfs changea elle-même, car si auparavant les redevances étaient surtout payables en argent et en produits, à présent, les corvées y gagnaient une importance sensible. L'étude du procès-verbal permet d'élucider un autre changement très important. Après la conclusion de la paix de Vasvár, les redevances établies par l'administration turque tant en espèces qu'en corvées enregistrèrent une brusque augmentation. L'auteur en conclut que ce fait s'explique par la politique des Habsbourg à l'égard des Turcs, politique qui se manifeste clairement dans le traité de 1664. La Hongrie „royale" renonçait alors, en effet, non seulement à ses intentions de refouler les con­quérants turcs, mais aussi à freiner le pillage du pays par les Turcs, comme il l'avait fait auparavant dans les territoires conquis.

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