Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)

omnibus, pariter cum kenazatibus Joannis et Farcasii usque ad fluvium Olth, excepta terra kenazatus Lytuoy woiauode quam Olatis relinquimus". II réserve la moitíé des revenus de cette terre pour soi et ses successeurs, et assure á l'Ordre l'autre moítié ,,que ab Olatis terram Lytua habitantibus excepta terra Harszoc curn pertinentibus suis regi colligentur". II donne encore aux Hospita­liers toute la Coumanie 3 située au-delá de l'Olt et des montagnes transylvaines sous des conditions pareilles á celles du Szörénység („terram de Zeurino"), excepta terra Szeneslai woiauode Olatorum, quam eisdem relinquimus, sous des conditions analogues á celles de la „terra Lytua". Les Roumains établis á l'Ouest de l'Olt doi­vent se mettre cum apparato suo bellico au service des chevaliers, qu'on trouve, sous l'autorité des rois de Hongrie, les premieres cristallisations d'état des Roumains. Dans notre charte on rencontre la mention de trois kénézats dont les chefs sont Jean, Farcasius (du hongrois farkas ,loup' cf. le nom roumain Lupu) et Lytuoy (au génitif; forme restituée par nous d'aprés l'original au lieu du traditionnel Lynioy. On a proposé aussi la lepon de Lytvo'i, cf. „terram Lytua", N. Iorga, Histoire des Roumains, 1937, III, p. 151). Ces trois kénézats se trouvent sur le territoire du banat de Szörény. Frédéric Pesty (A szörényi bánság, I, p. 17) a pris pour point de départ une le<?on fautive (Lytira au lieu de Lytua) d'aprés laquelle il a essayé de localiser le troisiéme kénézat dans la région de la riviére Lotru, c'est-á-dire á l'Est de l'Olt et au Sud du défilé de la Tour Rouge (Vörös­torony, Turnu-Ro§u). C'est la qu'il a cherché aussi la „terra Harszoc". L'his­toriographie roumaine a identifié cette dénomination avec celle de Haczak— Hátszeg, village et région en Transylvanie (M. Iorga y voit une variante dé­formée du type de Harszoc — Hatszoc, o, c. p. 151, note 5), et il faut avouer que cette hypothése a des chances de probabilité (cf. C. C. Giurescu, Istoria Románilor, Bucure^ti, 1935, I, p. 338). Au milieu du XIV e siécle Haczak était déjá le centre d'un district roumain considérable oü il y avait des kénézes roumains dés le début du siécle. II est possible que le voivode Lytvol dont le kénézat se trouvait au Sud des Karpathes, exercpát son droit de kénéze aussi dans le district de Haczak, La raison pour laquelle le roi interdit aux chevaliers de jouir des revenus de Hátszeg, était peut-étre le simple fait que ce district faisait partié de la Hongrie proprement dite. Dans ce cas le kénézat de Lytvoí dóit étre piacé au Sud des Karpathes, dans la vallée du Zsil-Jiu. La localisation des deux autres kénézats n'est plus possible, II est encore á remarquer que l'ancien comitat de Szörény, qui formera plus tard ' la partié Sud-Est du comitat Krassó-Szörény—Cara^-Severin, appartenait également au banat de Szörény, mais on ne peut prouver que la donation accordée aux Hospitaliers ait compris cette région aussi. 3 La Coumanie s'était formée á l'Est de l'Olt, et, comme nous avons vu, elle était soumise, á partir de 1227, á l'autorité du roi de Hongrie. Pen­dant les années qui précédaient l'invasion mongolé, les Coumans avaient évacué cette province qui fut ensuite dévastée par les Tatars. Par suite de ces événements l'ancienne population disparut, et sa terre fut occupée par un kénézat roumain piacé sous la protection du roi de Hongrie.

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