Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)

nem filium Dyonisii de Kelche et fratres eiusdem 4 in hieme nunc Hongrie (cf. Lupas, Istoría Románilor, VIII e éd. Bucarest, 1931, p. 88); selon l'autre, les Allemands et les Hongrois qui s'étaient établis en Máramaros, auraient enlevé les terres de la population roumaine indigéne la décidant á l'émigratíon (A. Decei, Une opí­nion, p. 308). Toutes les deux hypothéses sont erronées. Si le roi eűt persécuté Bogdán á cause de son orthodoxíe, comment eűt-il pu donner des domaines aux fils de Sas qui étaient également orthodoxes? D'autre part, les Roumains ne pouvaient guére se sentir opprimés au temps de Louis le Grand, puisque ce roi ano­blít plusieurs d'entre eux, et leur accorda bien des domaines con­sidérables ce qui ressort nettement du présent recueil, Quant á l'autre opinion, c'est un fait acquis que les Roumains de Márama­ros sont immigrés aprés les Hongrois et les Saxons, et que, par conséquent ceux-cí n'ont pu enlever des terres aux Roumains. Ce qui est certain c'est que Bogdán se révolta et fit partí­cíper á son acte d'infidélíté aussi d'autres personnes pour iuir ensuite avec elles en Moldavie. La date de sa fuite n'est pas exactement connue. On sait, en revanehe, qu'au cours du XIV e siécle les invasions tatares avaient beaucoup diminué la population de cette province subcarpathique, soumíse au pouvoir du roi de Hongrie. C'est en 1354 que le roi Louis repoussa définitivement les Tatars, préservant la Moldavie de toute incursion future, II est probable qu'il y créát un comté destiné á la défense des frontiére et qu'il le confiát á Dragosh, ori­gínaire de Máramaros. Peu aprés Sas, le fils de celui-ci, fut desti­tué par Bogdán qui réussit á s'emparer de la Moldavie. L'émigra­tíon de Bogdán dóit étre piacé entre 1342 et 1360; la plupart des historiens roumains — d'accord avec les chroniques — admettent la date de 1359. La charte de 1360 fait voir qu'á ce moment-lá Louis réussit á rétablír pour quelque temps l'ancien ordre des choses, mais il n'en est pas moíns vrai qu'aprés le départ de l'ar­mée hongroise Bogdán prit le dessus, et que le roi de Hongrie, aprés avoir vainement essayé de briser sa résistence, renon9a á la Moldavie, accordant de nouveaux domaines aux fils de Sas et n'exigeant que le serment de fidélité de Bogdán ou de son succes­seur. Rappelons, pour terminer, que Latzko, fils de Bogdán, se convertít au catholicísme ce qui fut également un acte de fidé­lité á l'égard du roi de Hongrie (cf. Xenopol, Istoría Románilor éd. III, s. d. Bucuresti, III, p. 35—46, avec des généalogies fauti­ves; C, C. Giurescu, Istoría Románilor, I, p. 372—390). Notre charte fait d'aílleurs voir qu'aussi Karachyn de Bílke fut accusé d'avoír été le partisan de l'infidéle Bogdán. 4 Les fils de Denis de Kölese étaient Jean, Jacques, André, Michel et Nicolas. La famille descendaít du vieux lignage hongrois Szente-Mágócs. Ce Denis est l'ancétre des familles Kölcsey et Kölesei Kende qui ont survécu jus­qu'á nos jours. C'est de la premiére que descendra aussi Francois Kölcsey, l'auteur de l'Hymne hongrois (1790—1838). Les fils de Denis avaient á me-

Next

/
Thumbnails
Contents