Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)
15 jours avec Maitre Jacques, 2 défenseur de la forteresse Fenes s (com, Bihar) et ses compagnons pour que ceux-ci puissent aller d'abord á Várad 4 et ensuite contínuer leur route sur la Tisza ou sur la Maros, ou bien se rendre á Gyalu, 5 á travers les montagnes. II s'engage sous la foi du serment de les défendre, pendant les 15 jours suivants, avec leur famille et leur suite, ab omnibus sive Ungarys sive Olachys 6 sive nostris sive ecclesie sive infra inla guerre contre Roland, occupa son cháteau et le destitua de la voivodíe (1294, cf, Karácsonyi: A magyar nemzetségek, I, au mot Barsa), 2 Jacques, írére de Benőit, évéque de Várad, s'étant retiré dans le cháteau de Fenes, celui-ci fut assiégé par Roland. La lutte, terminée par l'intervention du roi, marqua la fin du ,,régne" du vo'ívode (cf. la note 1 et V. Bunyitay: A váradí püspökség tört, I, p, 157), 3 La forteresse de Fenes appartenait á l'évéque de Várad; aujourd'hui on y trouve le village Várasfenes—Fini$, com, de Bihar, au Sud-Est de Belényes—Beiu§. Le nom de la localité est d'origine hongroise. 4 Várad (auj, Nagyvárad, roum. Oradea com. de Bihar) est le síége d'un évéché catholique, fondé par saint Ladislas, roi de Hongrie (1077—1095). Le nom de la ville dérivé du hongrois vár „cháteau, forteresse". 5 Gyalu—Giláu, cháteau et bourgade au com. de Kolozs, á l'Ouest de Kolozsvár. Domaine de l'évéque de Transylvanie. Son nom est d'origine hongroise (de gyalu ,,pláne", Melich, Honfogl, Magyarorsz, p. 300 ou du turc *Jal-av, L. Rásonyi-Nagy, AECO. I, p. 225; Kniezsa, ib, II, p. 104). 6 Dans la vallée de la Körös Nőire, autour du cháteau de Fenes il y avait une population hongroise trés ancienne, certainement antérieure á la fin du XI e siécle. Prés de Fenes on rencontre le village Tárkány—Tárcáiba (1422: Tharkan, Csánki I, p. 625), dont le nom dérive de la dénomination d'une ancíenne tribu hongroise (du turc. tarban, tarkan „nom de dignité", cf, L. Rásonyi-Nagy, MNy, XXIV, p, 318), Ce nom dóit avoir précédé la dissolution compléte de l'organisation des tribus, c'est-á-dire il est antérieur á la formation de la royauté, Toute une série de villages voisins ont un nom hongrois: Belényes, de bölény „bison", Füzegy, de füz „saule"; Feneres, de íenyér „lande, brousse" (MEtSz. II, col, 210); Hegyes, de hegy „montagne"; Mézes, de méz „miel"; Örvényes, de örvény „remous, gouffre"; Remete, de remete „ermite" (méme mot!); Sebes, de sebes „rapidé"; [Gyepű]—Solymos (dans notre texte Solumus), de sólyom „faucon", Sonkolyos, de sonkoly „tourteau"; ensuite Szent-Márton, Szent-Miklós, Telek, Újlak. Dans tous ces cas le parler populaíre des Roumains n'a fait qu'emprunter aux Hongrois leurs dénominations: Beiu§, Fizi§, Feneri§, Hedi§ (forme officíelle: Hidi§), Meze§ (Mizie§), Urvi$iu, Remetea, Sebe§ (auj. Spurcani), §oimu§ (Soimo§ Petreasa), Soncoiuf (§uncui$), Sánmartin, Sánmielo§ (Sán-Micláu$), Telec (Teleac), Uilac (Uileac de Beiu§), etc. Les Roumains en question paraissent avoir vécu auparavant dans les montagnee voisines oü leur présence s'explíaue par les alpages bien gras. Étant donné qu'on n'y connait aucun de leurs établissements, il est á présumer qu'ils y fussent en état de demi-nomadisme. Au début ils ne pouvaient descendre que dans la vallée du cours supérieur de la Körös Nőire oü il n'y a pas d'anciens toponymes hongrois.