Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)
donné que le roi Ladislas IV avait permis au chapitre de Transylvanie, ut in quibusdam terris ipsius capituli Fylesd et Enudvocatis, a terris episcopalibus distinctis et separatis, sexaginta mansioserÍ6 évadés, sur son domaine de Székes. Certains historiens, ne connaissant pas l'étendue de cette propriété royale, pensaient pouvoir réduire le nombre des Roumains á quelques centaines d'ámes (cf. P. Hunfalvy, Az oláhok története, I, p. 383). Ce qui est certain c'est, qu'á l'exclusion des domaines royaux, dont la plupart s'étendaient dans les régions montagneuses et dans les zones frontiéres, les domaines des seigneurs privés ne possédaient que relativement peu de colons roumains, tout au plus autant qu'on eűt pu transférer dans les 10 ou 20 villages du domaine de Székes. Ce n'est d'ailleurs qu'á partir de l'époque de Ladislas IV qu'on rencontre des Roumains dans les domaines privés situés sur la lisiére de la plaine (v. Xenopol, Les Roumains au moyen áge, p. 100). 2 Le domaine royal de Székes (com, d'Alsófehér) comprenait le territoire situé entre les deux riviéres de Székes. Au XIII e siécle il y avait la environ 20 villages dont 16 possédaient en 1332 une église catholique prouvant la présence d'une population hongroise ou saxonne. Les noms des autres villages sont d'origine slave ou hongroise, mais aucun n'est d'origine roumaine. Le nom de Székes, á l'origine szikes (de szik „vadum, lóca vadosa, paludosa, lutosa; nitrum, loca nitrosa; seichte Stelle, Untiefe, sumpfiger, schlammiger Ort", Szamota—Zolnai, Oklevélszótár, s. v.}, renvoie á une région marécageuse. Les débuts de la colonisation ne remontent qu'á la premiére moitié du XIIIe siécle. Les premiers colons furent des Hongrois auxquels s'ajoutérent, pendant le dernier tiers du siécle, quelque6 colonies saxonnes et les Roumains de Dálya. Dans les autres villages on ne trouve d'habitants roumains ni au XIV e, ni au XV e siécle d'oü résulte que les dispositions d'André III n'eurent pas de suite. Les Roumains, qui sont aujourd'hui en majorité dans cette région, doivent étre venus aprés le XVI e siécle (E, Iczkovits, Az erdélyi Fehér megye a középkorban. Budapest, 1939, p. 19 et suiv,), 3 Fylesd équivaut á Fülesd (de fül „oreille"). C'est un village disparu sur la rive de l'Ompoly, prés de Sárd, au comitat d'Alsófehér. En 1276 la „silva Fylesd" est mentionnée comme une région inhabitée. Tout autour il y a une population hongroise ou saxonne, Ce territoire appartenait á l'évéque et au chapitre de Transylvanie. Ladislas IV (1272—1290) permit au chapitre d'y fairé venir 60 „mansiones" de Roumains. En 1326 (cf. la charte 38.) on trouve une mention des kénézes roumains de cette région. Enud (lisez Enyüd aujourd'hui Enyed > Aiud (Nagyenyed) se trouve en Alsófehér, sur la Maros. Son nom d'origine hongroise (du méme radicai que En, Encse, Enyesd, Enying, etc. v. MEtSz. I, col. 1566—8) est passé en roumain aussi sous la forme d'Aiud, Les habitants médiévaux de cette localité sont des Hongrois et il y a méme une petite colonie allemande. Dés 1462 Enyed est mentionné comme une bourgade, et de nos jours il est un des centres importants de la civilisation hongroise transylvaine. Jadis la ville avait été en la possession du chapitre de Transylvanie qui fut autorisé par Ladislas IV á y fairé venir 60 maisonnées de Roumains. Ceux-ci doivent avoir occupé les parties extérieures de la ville; méme aujourd'hui ils vivent dans les faubourgs de Nagyenyed.