Papers and Documents relating to the Foreign Relations of Hungary, Volume 2, 1921 (Budapest, 1946)

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92 1921 contre la Hongrie, je crois qu'il serait mieux de nous rencontrer quelque part en Slovaquie, peut-être pas très loin de la frontière hongroise. Qu'en dites-vous?" „Je ne sais pas, mais je crois qu'un château serait préférable à une ville." „Quant à ça, Monsieur, je le crois, moi aussi, seule­ment je ne connais pas les châteaux de là-bas." J'ai proposé alors Tótmegyer qu'il a inscrit, mais il me dit qu'il lui fallait prendre d'abord des informations. „Votre Excellence avait l'amabilité de dire à M. de Tahy qu'Elle voulait bien rencontrer nos Ministres ce jeudi à Venise. Je crains que cela serait difficile car, selon vos journaux, le débat sur votre exposé aura lieu vendredi, 4 février". Alors M. Benes me dit: „Je crois aussi que cette date n'est pas convenable; je propose donc de nous rencontrer après mon retour de l'étranger, le dimanche 27, ou le lundi 28 février. L'en­droit, je vous le ferai savoir dès que je serai rentré, le 21, à Prague". En sortant, j'ai dit à M. Benes que, selon le comte Teleki, les territoires, par lesquels chaque coeur hongrois est le plus dou­loureusement atteint, ne sont pas les plaines fertiles du Midi de la Hongrie, mais la ville de couronnement 1 et Kassa, la Mecque hongroise où les grands Rákóczi sont enterrés et qui sont des lieux de pèlerinage pour tant de patriotes. Il comprend très bien les grands intérêts commerciaux liés à la ville de Presbourg, c'est pour cela qu'il estime qu'à l'entrevue on ne pourra pas parler de Presbourg. Mais les mêmes raisons ne subsistent pas pour Kassa. Sur quoi M. Benes me dit: Il y a un comte Teleki qui est grand géographe (je lui fis remarquer que c'est le même). Alors il saura aussi que la nationalité d'une ville peut changer en quelques années. Il n'en est pas de même des campagnes. Kassa est entouré d'agriculteurs slaves. Je lui dis que, selon moi, sans le retour de Kassa, on ne pourra certainement pas s'entendre. M. Benes: „N'ayez pas peur, entre gens raisonnables et intelligents, si on a la bonne volonté, on sait toujours s'entendre, et croyez-moi que vous serez encore très content". TEXTE DU MESSAGE DE M. BENES. „II ne faut pas prendre au pied de la lettre la déclaration de M. le Ministre des Affaires étrangères. 1 Pozsony (Presbourg).

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