Diplomáciai Iratok Magyarország Külpolitikájához 1936-1945, 2. kötet

Iratok - VI. Magyarország külpolitikája a müncheni konferenciától az első bécsi döntésig (1938. október 1—november 3.)

Malheureusement, ces nouvelles propositions de la délégation slova­que n'ont marqué qu'un faible progrès sur les anciennes. Elles se sont rédui­tes à des rectifications de frontière d'une certaine importance, mais elles refusaient à la Hongrie la rétrocession de toutes les villes importantes à ma­jorité hongroise des territoires en litige. Un coup d'oeil sur les cartes et quelques commentaires de la Déléga­tion slovaque suffisaient à convaincre le Délégation hongroise que les négo­ciateurs de la Tchécoslovaquie sont moins guidés par les principes ethniques qui se trouvent à base de l'arrangement de Munich, que par des considéra­tions d'ordre stratégique et économique et par d'autres, motivés par les inté­rêts de la politique de communications ferroviaires. Il est évident que la Délégation hongroise ne pouvait admettre une argumentation tout à fait contraire aux principes qu' ont commandé même dans les détails le règlement des revendications allemandes et po­lonaises. En effet, la Délégation hongroise s'est basée sur les statistiques résultant du récensement de 1910, vu que le règlement du différend germano­tchéco- slovaque a trouvé sa solution sur une base analogue. Mais la Délé­gation hongroise a même réussi à démontrer que les contre-propositions tchécoslovaques ne correspondaient même pas aux statistiques tendancieuses tchèques de 1930, préparées dans l'intérêt du nouveau régime et portant les marques des expatriations et d'une dénationalisation systématique. Il ressort clairement de ce qui précède que la Délégation tchécoslo­vaque refusait d'appliquer le principe fondamental du traitement analogue des revendications hongroises avec celles des Allemands et des Polonais. En effet, une discrimination évidente au détriment de la Hongrie était à la b^se de toutes les propositions et argumentations de la Délégation Tchécoslovaque. Au seuil de la dernière réunion, la Délégation hongroise s'est vu confir­mée dans son soupçon que la tactique dilatoire de la Délégation slovaque ne sert que de gagne-temps en vue du regroupement de l'armée tchécoslova­que. D'après les informations du Gouvernement hongrois, les mouvements des troupes tchécoslovaques, au cours des derniers jours,sont devenus de plus en plus symptomatiques et les manoeuvres des négociateurs se sont dévoilées l'après-midi même de la dernière réunion de 13 soir. Ce n'est pas une personnalité moins importante que l'expert militaire même delà Délégation slovaque qui a tenu à prononcer un discours menaçant devant le micro de la station de radio-diffusion de Presbourg et ce discours fut suivi d'un belliqueux appel aux citoyens et aux soldats. Au lieu d'extorquer des concessions à la Délégation hongroise, — com­me il en était évidemment le but — ces manifestations ont eu pour seul résul­tat de déterminer la Délégation hongroise à interrompre ces négociations absolument vaines où l'esprit conciliateur des arrangements de Munich a perdu tout terrain. En outre, l'attitude provocatrice adoptée par la Gouvernement de la Tchécoslovaquie a obligé le Gouvernement hongrois à prendre les me­sures militaires que commandait la situation ainsi créée et les intérêts capi­taux qui s'attachent à la sécurité du Pays. 793

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