Folia archeologica 16.

Zoltán Kádár: Quelques observations sur la reconstitution de la couronne de l'empereur Constantin Monomaque

122 Z. KÁDÁR En arrière et en haut — dans une conception voisine à la symbolique de la couronne du Saint Empire romain-germanique 3 5 apparait le roi David trônant, ancêtre biblique de Jésus-Christ et des empereurs, ayant à ses côtés les figures de la Sagesse (Sophia) (dans une robe semblable à celle, portée par Aletheia) et de la Prophétie (Prophetia) (cette dernière vêtue comme Tapeinosis). Au-dessous de ces figures, il y en a encore trois figures de femmes, exécutant une danse en l'honneur du roi David. Au centre, la «danseuse de Londres» s'élançant vers le gauche (ou bien une figure féminine au mouvement semblable), à gauche, une danseuse à la tunique blanche jetant son regard en arrière. Cette dernière, par le rythme de ses mouvements lie les figures représentées aux parties frontale et arrière de la couronne; tout semblablement, à droite, une danseuse vêtue d'une robe blanche, réalise l'unité des compositions aux deux côtés. Le rythme des voi­les en l'air des trois danseuses réalise une ligne fine en position couchée en S for­mant un arc ondulant. Les figures de la sphère supérieure, «céleste» (transcen­dante), ont été unifiées stylistiquement par les deux palmiers à leurs côtés, qui, selon l'opinion de M. Thomas Bogyay, symbolisent le Paradis céleste. 3 6 Par contre, les ornements à oiseaux entre les plantes, encadrant les plaques aux figures des empereurs et des danseuses, représentant la sphère terrestre, dont le rôle a été évoqué déjà par M.Mihalik 3 7 dans la symbolique de la culture impériale, réunissent les traits caractéristiques communs des représentations dans la sphère terrestre inférieure (immanente). Il nous reste encore de préciser la place des petits médaillons. Pour la première fois, la place de ceux-ci a été décrite par Arnold Ipolyi: «... les plaques rondes avec les images des Apôtres ... ne se trouvaient pas à la partie arrière de la cou­ronne, mais au-dessus de celle-ci, aux bandes surplombant la tête et encore émail­lées peut-être similairement.» 3 8 François Pulszky était d'une opinion différente: «il est tout probable que les dix têtes d'Apôtres et la tête de Jésus-Christ au centre soient encore cachées, enfouies quelque part, dans le terrain de pâturage de Nyitra­ivánka, car tout porte à croire que les représentations des têtes d'Apôtres et de Jésus-Christ aient formé originairement le bord inférieur de la couronne.» 3'­1 Selon Mme Bárány, les médaillons ronds ne pouvaient pas appartenir à la couron­ne, ceux-ci diffèrent notamment même par la technique d'exécution et le style des plaques. 4 0 Tout récemment, M. Alexandre Mihalik a émis l'opinion que la place des deux petites plaques rondes constitue une question qui resterait encore ouverte. 4 1 A son avis, il est incontestable qu'une troisième plaque appartenait aux deux autres, représentant Pierre et André, celle du buste de l'Apôtre Paul. Cette opinion est étayée par le fait que la figure et le regard de l'apôtre Pierre sont , 3 5 Decker-Hauff, H. — Schramm , E. P., Die „Reichskrone" angefertigt für Kaiser Otto I., Schramm , E. P., op. cit. 612—, pl. 70. е. 3 6 Bog yay, Th., Magda von Bárány-Oberschall, Die Sankt Stephans Krone (rec). Byz. Z. 56 (1963) 128. Le rapport stylistique qui existe entre les plaques de la Sainte Couronne et de la couronne de Mono­maque a été relevé pour la première fois par Pulszky F., op. cit. 160. 3 7 Mihalik S., op. cit. 240. 3 8 Ipolyi A., A magyar szent korona és a koronázási jelvények története és műleírása (L'histoire de la Sainte Couronne hongroise et des emblèmes de couronnement et leur description) . (Budapest 1886) 165. 3 9 Pulszky F., op. cit. 160. 4 0 Mme Bárány Oberschall M., op. cit. 38 (texte hongrois) 85 (texte anglais). 4 1 Mihalik S., op. cit. 236.

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