Folia archeologica 1-2.
László Gyula: Egy régensburgi vállkő
KÖNYVISMERTETÉSEK— BIBLIOGRAPHIE 241 Constatation précieuse de l'auteur est que les membres carrés à ouvrage filigrané avaient couvert jadis le manche cylindriforme de la tige du sceptre et, à l'autre extrémité du manche se trouvait la couronne à faîtes, ornée de manière semblable et qui avait tenu le globe du sceptre. Il prouve sa thèse en l'appuyant par un raisonnement et par des analogies convaincants et démontre que la manière d'ornamentation du sceptre de Székesfehérvár en fil d'or sillonné, imitant l'ouvrage à filigrane, est bien proche de celle du sceptre royal. Notre matériel vient donc de s'augmenter d'un nouveau sceptre de type oriental, couronné d'un globe lequel se rattache, dans sa forme fondamentale, au sceptre de Tagantcha, tandis qu'il ressemble, dans son système ornamental, divisé en bandes, et, dans ses détails, au sceptre royal. Le dessin en fil d'or sillonné des bouts de courroi s'approche beaucoup aux deux sceptres susdits; ils furent donc tous exécutés dans le même atelier. Il est intéressant que ces bouts de courroie n'appartiennent pas au cercle archéologique de ceux en bronze des Hongrois, mais à celui des Avars. L'auteur approfondit aussi le fond archéologique de ce fait en signalant la constatation de Fettich que les formes animales avares des trouvailles du temps de la conquête hongroise sont parvenues en Hongrie par les Normands et que le bout de courroie de Székesfehérvár se rapporte aussi à de tels antécédents normands (v. la trouvaille à filigrane de Kirk Oswald Cumberland et le bout de courroie en or du Musée de Cluny, trouvé à Châteauroux). C'est donc probablement par suite des guerres avares de Charlemagne que la mode à l'avar se propagea en Occident. Produit de cette même mode est la pendeloque du trésor de Gisèle à Mayence qui imite la forme des bouts de courroie avars et est unique en cela. Les bouts de courroie de Székesfehérvár, puisqu'ils conservent, non pas les formes du temps de la conquête hongroise, mais celles de type avar, subsistées en Occident, passèrent aux Hongrois du cercle de la métallurgie allemande, c'est à dire du trésor de Gisèle. Et tout de même il y a des différences fondamentales entre ces deux tendances d'orfèvrerie. Dans celle des hongrois les pierreries en monture et l'emploi prédominant de ces pierreries manquent, caractérisant sont par contre la prédilection de l'ouvrage filigrané et celle de la granulation, possibilités ornamentales qui se présentent dans le métal lui-même. L'orfèvrerie de l'occident en Hongrie, acquière donc ici un caractère local. Produit postérieur, mais d'esprit identique de ce cercle d'orfèvre de Székesfehérvár est le dos filigrané de la croix de serment de couronnement hongrois. On peut appeler à juste raison l'atelier d'orfèvre de Székesfehérvár l'atelier d'orfèvre de cour des Arpadiens, car ses produits sont tous en connexion avec la cour royale. Cet atelier de Székesfehérvár aurait, du point de vue de la détermination de l'encadrement filigrané des bandes supérieures de la Sainte Couronne Hongroise, une importance colossale, mais pour cela il faudrait examiner à fond la Couronne même. Les accessiores de la trouvaille tombale de Székesfehérvár coïncident avec les pièces de l'unique tombe royale arpadienne authentique, celle de Béla III. C'était donc, sans aucun doute, une tombe royale et, en prenant, pour établir la date, le disque émaillé, datant de l'XI e—XII e siècle, la tombe pourrait être celle du roi Coloman. Il est intéressant qu'au début du XII e siècle les rois de Hongrie portaient encore des ceintures d'apparat, ornées de plaques, tandis que Béla III se vêtit déjà tout à fait à l'occidentale. L'emploi des ceinturons ornés de plaques est encore à la mode au XIV e siècle chez les personnages hongrois de distinction, d'origine comane. Nous pouvons retenir de toute cette argumentation sur le sceptre royal, que la monture du globe est de l'époque de Coloman et sort du cercle de l'atelier d'orfèvre de Székesfehérvár. On peut déterminer le cercle cultural du globe de cristal du sceptre royal et les trois lions gravés qu'on y voit par analogies bien évidentes. Ses parents les plus proches sont les globes en cristal de la Cathédrale de Bamberg et du Zeughaus de Berlin, l'un orné de trois griffons, l'autre de trois oiseaux. Tous les trois sont des ouvrages de haut niveau de l'art fatemide egyptien. L'art de cour du califat arabe du Xe siècle est fondé sur l'art sassanide, mais, tandis qu'ici l'art principal est la métallurgie, là c'est par excellence la gravure de cristal de roche. Naturellement les finesses techniques de la métallurgie se perdent ici sous l'influence contreignante du matériel et la figuration devient plus planiforme. Les prémisses des motifs gravés en forme de palmette, sur la cuisse des animaux représentés, sont aussi à chercher dans le cercle de la métallurgie sassanide. László éclaircit ensuite la conception de quelques savants relativement aux lions, comme insigne ancestrale de la dynastie arpadienne. Dans la légende de l'origine des anciens Hongrois, le touroul (vautour des Hongrois conquérants) apparaît et c'était lui le totem du clan; le lion ne figurait jamais parmis les totems donnant le nom aux clans. Ici il nous faut remonter plus loin dans le passé et László mentionne que le lion, chez les peuples turcs, était un animal royal et que ce n'est peut-être pas par hasard qu'il apparat sur le sceptre, bien que l'auteur constate tout de suite qu'on ne peut pas y attacher une grande importance, le groupe de trois lions étant un motif ornemental courant de l'art fatemide. Outre la forme orientale du sceptre royal, le cristal, en sa matière, garde peut-être aussi le souvenir de cette force magique qui se révèle à l'Orient des oeuvres des écrivains arabes. Comment le globe de cristal parvint-il en Hongrie? A cette question l'auteur donne aussi la réponse la plus probable, selon laquelle Saint Etienne l'aurait reçu directement de l'Orient; les Hongrois avaient déjà, dans la période passée en Lévédie, et aussi, après la conquête de la patrie, de vives relations commerciales arabes; le cercle des plaques de sabretaches et les dirhems arabes, trouvés fréquemment dans les tombes de l'époque de la conquête hongroise, le prouvent. Le globe de sceptre arabe sassanide n'est pas injustifié dans ce milieu. Les bagues royales à écriture coufique (les bagues-talisman de Béla III et de Coloman) nous parlent elles aussi de rapports arabes, bien que plus récents. Les Hongrois connaissaient donc la forme arabe sassanide du sceptre déjà en Russie méridionale et s'y attachaient encore au début du XII e siècle. Cette étude de l'auter, écrite avec une grande précision, est un grand profit du point de vue archéo16