Esztergom Évlapjai 1960

Gerő Győző: Arabnyelvű feliratos emlékek Esztergomból

MONUMENTS ÉPIGRAPHIQUES EN LANGUE ARABÉ A ESZTERGOM Parmi les trouvailles d'Esztergom, dont les origines remontent á l'épo­que de l'occupation turque, se trouvent plusieurs inscriptions en langue arabé, dont une partié de teneur religieuse et l'autre de caractére histori­que. Les inscriptions en langue arabé sont assez rares parmi les monu­ments épigraphiques de la Hongrie, les quelques épigraphes publiées par présente étude sont par conséquent d'un intérét considérable. La premiere épigraphe, un fragment de texte, est gravée sur les res­tes d'un plat á pied trouvés dans la terre remplissant un des couloirs du chateau-fort (fig. 4.). L'inscription fut incisée sur les deux cotés du ré­cipient avant le vernissage et la cuisson; elle comporte le chapitre 81 du Coran. Hors du texte du Coran, trés incomplet sur les fragments qui nous sout restés, nous trouvons une intercalation, également en langue arabé que se répéte plusieurs fois d'une fagon irréguliére. La surate du Coran traite du dernier jugement et des dix signes de la résurrection, tandis que l'intercalation souligne encore le frappant du texte principal. Aprés la 81 e surate l'inscription continue encore, mais la suite est tellement fragmentaire que seuls quelques mots isolés sont lisibles qui ne permettent pas de compléter le texte. Ils permettent cependant de con­clure á ce que la partié manquante comprenait la date de rinscription et le nom du propriétaire. L'épigraphe se termine par les mots: .,Oh, Allah, oh, Mahomet." On peut observer dans le texte certaines anomalies orthographiques. Une anomalie se répétant souvent est l'élision dans l'inscription de la lettre „(aliphe)" de l'article des mots avec article qui suivent l'expression *al. Cette écriture incorrecte et contredisant á l'ortographie du Coran est employée d'une facon conséquente par l'auteur de l'épigraphe. La ponctuation, elle-aussi, est par ailleurs tout a fait inconséquente. Le texte complet dévait étre entiérement vocalisé, cependant, dans les fragments restés, les signes indiquant les voyelles manquent partiellement ou bien complétement. Le plat a été confectionné selon tout probabilité dans la poterie turque d'Esztergom—Szenttamás, dans la deuxiéme moitié du XVI e siécle. D'a­prés la teneur du texte, l'épigraphe a dű y étre apposée pour servir des buts apotropaiques. Une autre épigraphe de caractére également réligieux se trouve sur une pierre qui a été incorporée postérieurement au mur d'entrée de la partié Ouest du chateau-fort (fig. 5.) et contenant la profession de foi ma­hométane. Dans origine, la pierre dévait orner la porté d'une des bátiments du cháteau ou peut-étre un „djami". (Une copie contemporaine nous est restée avec l'inscription du mérne texte provenant d'une mosquée de Buda.) La troisiéme épigraphe se trouve au Palais royale, dans le cabinet présumé de János Vitéz, gravée sur la fresque représentant la Justice (fig. 6.). Elle date du 10 du mois sevval de l'an 1002 (1594) et se référe á l'agha Piri, commandant de la forteresse á cette époque. 55

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