Esztergom Évlapjai 1960

Horváth Béla: Kernstok, a demokratikus forradalmár

araente, préte á explosions. Un temperament en effervescence, en flammes qui se consument elles-mémes. Sa vie et son oeuvre n'est qu'une luttes sans tréve, engagées aussi bien contre l'extérieur qu'en son for intérieur pour la conquéte de nouvelles valeurs intellectuelles, émotionnelles et artistiques. Non seulement peintre, il était á la fois écri­vain, homme politique, penseur, aspirant á accomplir, dans chacun de ces domaines, d'actes notables. Parmi les motifs qui le talonnaient á se mani­fester, le plus important était sans doute la comunion de sentiment et l'unité profonde avec la nation, avec le peuple, qui éclate de chacun de ses tableaux, de ses mots, de ses phrases. Les grands tournants de sa vie, ses recherdhes, gestations, essors et chutes exprimaient ceux de toute une épo­que et d'une communauté humaine restreinte: de son peuple, de sa nation, dont les aspirations se matérialisent tcujours dans les meilleurs de ses individus. Kernstok n'est jamais dérobé aux grands problémes de l'époque et de la nation. II a donné sans équivoque, avec l'assurance et la force d'un vrai révolutionnaire ses réponses positives et négatives. Car il était un révolutionnaire: comme le grand poéte Endre Ady dans la littérature, aussi en occupant les positions les plus radicales, Kernstok menait-il une lutte dans la peinture, pour la révolution démocratique, pour le progrés social et artistique. Révolutionnaire, ce n'était point pour une révolution de la peinture qu'il luttait, mais pour cette grandé transformation historique qui en 1918—1919 a bouleversé la société hongroise dans ses fond.aments. En tant qu'homme et ax'tiste, penseur, politicien, il était de ceux qui, non con­tent de souhaiter la transition du pays sémi-féodal, en une société bour­geoise se précipitérent corps et áme dans la lutte, pour la réalisation de leur désir. Sa grandeur humaine et artistique réside justement dans le fait d'avoir reconnu le probléme capital de son époque: la nécéssité de la ré­volution bourgeoise dont il devint le militant actif. II ne l'a jamais reniée aprés la chute de la révolution: ni en prison, ni dans l'émigration il n'a jamais renié cette idée. II est vrai que l'élan qui le caractérisait avant la révolution, perdit de sa force plus tard. L'amertume de la défaite, la misére de l'émigration librement consentie, le poids accablant de la contre­révolution, son isolement morál et artistique, le conflit avec le monde et avec soi-méme, la maladie grave: voici des raisons et des nécessités suffi­santes pour expliquer l'apaisement qui s'est opéré dans l'áme de cet artiste de tempérament si robuste plus tard. Kernstok était de ceux cependant qui, peu nombreux avec Endre Ady en téte, se sönt opposés radicalement á la Hongrie féodale et, non contents de la coquetterie oppositionelle de la bourgeoisie, du libéralisme, des ten­dandes réformistes de vues trop étroits, se sont rendus compte des nouvel­les forces historiques: de la classe ouvriére á cöté de la bourgeoisie, et aspi­raient á une transformation profonde, á une révolution nationale, populaire, en un mot: á une révolution démocratique balayant radicalement la domi­nation des grands propriétaires féodaux. Béla Horváth

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