Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. 447 Nous fűmes successivement présentés ä Madame et aux dues d’Angouléme et de Berri. Je me bomai ä faire un compliment au premier, qui me demanda si nous étions tranquilles, en lui ajoutant que nous étions fort heureux; pour les deux autres, je m’inclinai ... »1). On con9oit que Loys, dans ces conditions, ait été fort sensible au rappel ä l’ordre venu de Lausanne. Dans plusieurs lettres á Pidou, il explique longuement son attitude. C’est précisément parce qu’il sentait « parfaitement la différence des éerits aux paroles », qu’il a cru devoir veiller ä ce que ses paroles ne s’évanouissent pas des son départ et qu’il en est venu ä éerire. II est proprement impossible aux ministres fran9ais, qui « vivent dans des circonstances extraordinaires », de retenir tout ce qu’on leur dit. « Ce n’est pás ici notre Suisse, oű Ton peut avoir de longues conversations avec les chefs de l’Etat ou avec des ambassadeurs peu occupés. C’est un premier ministre qu’il s’agit d’instruire, et qui marque déja une grande bienveillance par vingt minutes d’audience, tandis que soixante réceptions á l’heure ne suffiraient pas á ceux qui les réclament . . . C’est un ministre de la Police générale, qui surveille la France entiére et les pays circonvoisins, et dönt les salons sont toujours pleins. C’est done par nécessité, et pour réussir, que j’ai employé le seul moyen de fixer l’attention sur ce qui avait été dit. » Ce qui importait, précise Loys, c’était de réussir, et sa mission mérne Fappelait, pour cela, á employer tous les moyens en son pouvoir. Les préventions contre les Vaudois étaient si grandes que, pour les diminuer et pour laisser peut-étre derriére lui, en quittant Paris, une impression favorable, il lui fallait absolument, non seulement faire connaitre les manoeuvres dönt le canton était la victime, mais encore anerer dans les esprits la confiance en son gouvernement. « Je savais que le Conseil d’Etat voulait loyalement tout ce qu’il m’avait present de dire et ce n’était qu’en agissant franchement, comme lui, que je pouvais réussir ä détruire . . ., avant des années, les préventions que le Conseil désirait de voir anéantir » 2). Loys s’incline, comme il se dóit, devant Fopinion du Conseil d’Etat vaudois. Sa conviction n’en demeure pás moins que c’est ä l’ensemble de ses démarches que sont dús les résultats qu’il a pu obtenir. Tout ce qu’il a fait lui a été dicté par son amour pour l’honneur et pour la liberté de sa patrie, mais il faut erőire, reconnait-il lui-méme, que ces sentiments ne suffisent point á faire un bon diplomate. « Je me sens d’autant moins propre ä ce genre de mission que, malgré les réflexions que vous me faites la grace de m’adresser . . ., je n’aper9ois pás assez les inconvénients futurs qui peuvent résulter d’une communication directe (du landammann) avec le ministre de la Police. » II erőit fermement que « cette communication directe, franche et loyale entre les polices des deux Etats » résoudra tous les problemes, et il assure n’avoir pas rencontré, chez les ministres qu’il a eu l’honneur de voir, l’ombre mérne du désir de s’immiscer dans les affaires politiques du Canton de Vaud 3). Le but qu’il se proposait est d’ailleurs atteint. Loys désire done pouvoir rentrer á Lausanne dés que la négociation sur les postes sera conclue: ... Je ne vois pas qu’un plus long séjour pút nous obtenir de meilleures relations avec Son Excellence le ministre de la Police; elles doivent mettre directement et rapidement fin k toutes les discussions désagréables. M. le dúc de Richelieu páráit nous voir trés favorablement et ses bonnes dispositions ont influé sans doute sur les paroles bienveillantes de la famille royale. Nous laissons ici des personnes bien disposées, qui sont en passe de nous étre utiles auprés d’elle. Dans cet état de choses, oű j’ai cherché á satisfaire autant qu’il était en mon pouvoir á mon sincere attachement á mon canton, je me permets d’écouter mon inclination, qui, sous tous les rapports, me rapelle dans ma famille. J’ai done l’honneur de prier le Conseil d’Etat d’avoir pour agréable, qu’aussitót que les affaires postales de Salins et des Pays-Bas seront venues au point d’une réponse définitive, je puisse retourner ä Lausanne sans autre avis » 4). a) Loys á Pidou, Paris 18 janvier 1816. A. C. E., Correspondance secrete, XI. 2) Loys á, Pidou, Paris 18 janvier, 23 janvier et 26 janvier 1816. Ibidem. 3) Loys ä Pidou, Paris 26 janvier 1816. Ibidem. 4) Loys k Pidou, Paris 23 janvier 1816. Ibidem.

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