Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

EROSS GÁBOR: Représentations cinématographiques de l'Histoire de France. Obsession mémorielle ou image-temps ?

88 Erő ss Gábor Nous venons de voir quelques procédés « frangais » de mettre en récit l'Histoire, ou la mettre ä distance de maniére classique : focalisations des récits, expressionnisme du décor, etc. Voyons ä présent les figures plus paradoxales de « l'authenticité », de la mise en scéne « frangaise » de l'Histoire et de la Mémoire par Vimage-temps transmué en image-passé : Prise de distance par rapport au sujet et réflexivité vont de pair, elles se supposent mutuellement : la distance se crée, la réflexion se fait á la fois sur le plan des contenus filmés que sur celui des formes filmiques : bien qu'il ne s'agisse pas d'un long métrage de fiction, Histoire(s) du cinéma (Godard) en est l'exemple paradigmatique. . . La distance peut étre établie de diverses maniéres, celle qui est la plus fréquente et la plus évidente est la mise en scéne d'une période historique ancienne. (cf. : plus haut). Indépendamment de la distance historique (chronologique), l'Histoire est représentée avec beaucoup de distance, au sens figurée cette fois : avec du recul : mise en scéne théátrale, costumes anachroniques, jeu d'acteurs comique. . . Y compris dans les films de guerre qui ont un sujet historique plus récent. Et ce n'est pas le discours militant, qui transparait souvent, qui changera ce constat. Les prises de distances les plus diverses se multiplient : du nar­rateur ironisant sur Louis Philippe chez Sacha Guitry aux intertitres « informatifs » si fréquents, en passant par le dépouillement extréme de Libera me (Alain Cavalier, 1991), « expressionniste » allant jusqu'ä créer une Histoire, un monde complétement abstraits, en dehors du temps. Toujours est-il que c'est sur le plan de l'auto-réflexion esthétique (qui suppose la cinéphilie, eile aussi née avec la Nouvelle vague), 2 5 qui s'exprime souvent par des mises en abimes, une réflexion du cinéma frangais sur sa propre histoire : celle ou de jeunes realisateurs comme Beineix ou Carax se tournent avec une certaine nostalgie vers un « äge d'or » représenté par Jean Renoir, Marcel Carné ou René Clair. Mise en abime, auto-réflexion cinématographique, réinvention de l'espace-temps filmique, etc. sont les éléments qui concourent ä Vimage­temps. Toutes les temporalités possibles et imaginables (au sens propre et figuré !), inextricables, s'entremélent : « En montrant la difficulté qu'il y a ä construire, ä composer avec les souvenirs, Resnais dévoile comme les coutures des vétements cinématographiques, si proches des coutures de la mémoire. Ce film méne jusqu'au plus profond de sa matiére cette réflexion sur le temps qui est ä 25 A. De Baecque, La nouvelle vague, Paris, Flammarion 1998, pp. 27—33.

Next

/
Thumbnails
Contents