Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

MÁTÉTELKI HOLLÓ MAGDOLNA: Les figures de l'argot criminel

Les figures de l'argot. criminel 175 travail — mar chant de cőté —, ce crust acé, ce vieux crabe qui sent mauvais, qui pue, véhicule une connotation pejorative tout ä fait appropriée pour un matuche. De plus, si on pense que le crabe est un cancer et le cancer est une maladie, on est revenu avec un petit glissement sémantique ä la maladie, sujet préféré des détenus. Certaines images métaphoriques se referent aux attributions des prisonniers : le prévőt est celui qui regie les problémes intimes parmi ses camarades, en tant que chef de chambrée bénéficiant de la confiance des autres, ä qui on confesse facilement (allusion au personnage ecclésiastique), le gameleur e st celui qui apporté la « gamelle », qui sert le repas, le gargon est un délinquant avéré, Vauxi est celui qui nettoie. En ce qui concerne les « activités » carcérales, elles permettent de passer le temps. Ainsi on aura les verbes : piquer les dix (tourner en rond entre quatre murs, allusion ä dix pas), prendre des bonbons (medicaments), mettre le drapeau (petit papier pour cacher l'oeilleton, le rétro/viseur, de la cellule), faire le parloir sauvage (crier d'une cellule ä l'autre), fumer une séche, tirer une barre, griller un tam-tam (fumer), et les noms pour des objets utilisés : le yoyo (ficelle pour envoyer les messages d'une cellule ä l'autre), le téléphérique (élastique pour faire passer un ob jet d'un bätiment ä l'autre), le toto (toto-pirate ), la chauffe ou la chaufferette pour le thermoplongeur . En ce qui concerne le vétement des detenus, il a donné heu aux transpositions métonymiques suivantes : le zébre (emploi péjoratif du nom de l'animal avec l'allusion aux rayures de l'uniforme du détenu) et le drogué (á ne pas confondre avec le toxico), en relation avec 1'étofFe de laine de bas prix appelée « drogue », servant de tissu ä la tenue pénale d'hiver des détenus. Une série de verbes imagés rappeile directement la chute ou l'im­mobilisation du malfaiteur : plonger, étre plongé, étre bloqué, tomber, chuter, se faire serrer, se faire pincér, se faire piquer, se faire emballer, se faire coincer, se faire boucler, se faire lourder (venant de la métonymie lourdes désignant la porté de fer lourde de la prison). Ceci rappelle les instruments de l'immobilisation : la cadéne, les gourmettes (chainettes utilisées pour les chevaux), les durs et les poussettes (les chaines pour les « durs », les bagnards des travaux forcés qui marchaient avec, en les poussant). On leur passe souvent les fers (allusion évidente ä la matiére de la chaíne). Quelques métaphores expriment la réussite probable de l'évasion : s'/arracher, mettre les voiles, faire la planche, se plancher (venant du fonctionnement du bateau — ou de la planche — ä voile), faire la belle, se mettre en belle (profiter de la belle occasion), faire la paire (allusion ä la paire de jambes qui permet de fuir). Examinons enfin le domaine de la drogue : les métaphores se limitent

Next

/
Thumbnails
Contents