Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde

Les chansons d'amour de Guiraut Riquier — a qui ? 153 Quar yeu no puesc ses ella re valer, Ni puesc a Heys, sal d'onrar, pro tener ; » 20—22) En choisissant bien les formules, le poéte reHe deux spheres : la consecration amoureuse et la soumission rehgieuse. Les deux résultent de l'impression de l'incommensurabiHté des personnages, et le caractére séculaire et religieux se trouvent trés proches l'un de l'autre, car l'amour n'est qu'une manifestation concréte de la religion. Le raffinement de la composition montre fort bien, que la deuxiéme, la troisiéme et la quatriéme strophes sont étroitement Hées : ä la fin de chaque strophe, c'est d'une part la notion de la firiamor (2—3.), d'autre part la personne de la Midons (3—4.) qui orientent l'attention. Le motif mentionné un peu plus haut de l'amour comme manifestation de la grace divine sert comme explication et préparation bien cachée en méme temps de la conclusion du poéme. La strophe précédente et la présente sont Hées aussi par le motif de l'honneur qui devient ici motif-clé. Les deux renforcent encore la difference fondamentale, disons presque ontologique, entre les deux figures : la Dame parait appartenir définitivement ä la sphére divine, mais le troubadour n'est que quelqu'un qui est pareil ä un humain. 9 Le sommet du poéme, la divinisation se prépare : non seulement l'étre, mais aussi l'activité de l'amant ne vaut pas grand chose. Car « Tant a d'onor que pus non y cabría, E tant de ben que res no-1 creyssería : » 26—27) Et enfin l'humiliation de soi-méme est couronnée par la confession de la vérité sur le sens de tropar : « Yeu prenc l'onor, quar non puesc dir mas ver. » 1 0 29) La done, ä peu prés au milieu du poéme, le débat entre la consécration personnelle dans la rehgion et la vocation artistique dans la fin'amor semblait décidé. Cependant, si le poéme était chargé de didactisme, il pourrait se terminer lä. Car désormais, continuer, c'est une contradiction. 9 Son humilité permet de supposer qu'il est similaire a une béte. . . N'oublions pas qu'au Moyen Age — done plus avant le réveil de l'individu dans la Renaissance —, mais surtout dans toute la tradition chrétienne étre une béte aux yeux du Dieu n'est pas du tout déshonorant. Toute une série de lieux du texte montre, que par rapport k Dieu, l'homme n'est qu'une béte. 1 0 Le texte me semble extrémement sincere : jusqu'ici tout cela n'était qu'un rőle obligatoire pour tous les troubadours, mais désormais cela parait impossible et inauthentique. 11 faut done exprimer la vérité, et de plus pour le moment, il n'y en a pas de plus grande. (Le texte de la traduction en frangais moderne me semble trop souple.)

Next

/
Thumbnails
Contents