Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

MAJOROSSY IMRE GÁBOR: Les chansons d'amour de Guiraut Riquier - á qui ?

Le journal de C. F. Ramuz : ä la recherche d'un style 121 des choses : « Ce n'est pas par le mot qu'on le rend, mais par le ton seul, qui est de choix, de groupement, d' ordonnance, de deformation voulue. » (148) Plus tard, le rapport entre les mots et les choses s'exprime de cette facon aphoristique : « Deux fagons de s'y prendre : ou bien le rapprochement inattendu de choses dites de fagon attendue, ou le rapprochement attendu de choses dites de fagon inattendue. » (276) Ce qui differencie encore un peintre et un écrivain, c'est que le peintre, forcément, juxtapose les elements du reel. Ramuz est conscient de cette donnée fondamentale, comme en témoigne cette réflexion précoce. Sur ce point, comme on peut constater, il n'y a pas de difference entre peintre et écrivain, mais au contraire, Ramuz se comporte en peintre impressionniste : « Je vois les choses et trés vivement. Mais je ne vois pas la suite des choses. Tout m'apparait comme discontinu. Je ne pergois ni la cause, ni l'effet ; ou plutót instinctivement, je ne m'en préoccupe pas. Conséquence : je n'obéis qu'á l'impression ; je vois quelque chose avec intensité, je le fixe. Mais ce quelque chose n'est lié en rien á cet autre chose qui suit : c'est un morceau ; j'y juxtapose un second morceau ; ce sont les touts qui ne font pas un tout. » (42) Quant aux choses, ces vérités premiéres du monde, elles sont les éléments de la nature, du paysage : montagne, lac, arbres, nuages, du milieu humain : villages, maisons et objets de toutes sortes en rapport avec l'activité des montagnards. « On m'a accusé d' aimer les choses inertes, mais justement je ne les aime que quand elles ne le sont pas. » dit-il. 4 Les éléments du monde matériel ne sont jamais les simples documents inertes de l'idée. Au contraire : la perception des choses précéde toujours l'idée : « Ne pas voir á la suite d'une idée, c'est á dire se « documenter », mais que l'idée naisse de la vision, comme l'étincelle du caillou. » (148) « Mes idées viennent des choses » (352) — dit-il en 1941, en confirmant par lä le principe de la représentation ramuzienne. Tandis que, dans les premiers romans, comme David L. Parris 5 l'a démontré, les choses, deviennent Signes (avec majuscule), car elles laissent se cacher derriére elles une autre vérité — une idée, un phénoméne surnaturel —, ceux de la deuxiéme période font leur apothéose : « Ramuz se laisse aller ä célébrer les choses, d'abord les vraies, — [. . .] ensuite les choses interprétées » 6 par l'activité créatrice de l'homme qui peut étre un simple vannier, un vigneron, voire un artiste. Dans ce dernier cas, « les choses 4 RAMUZ, Questions. (Euvres completes, Tome IV, Éd. Rencontre, Lausanne p. 762. PARRIS, David L., Les Signes et les choses , éd. des Amis de Ramuz, Tours, 1996, pp. 5— 14. II s'agit de Guérison des maladies et du Régne de l'esprit mahn. 6 Ibid p. 14.

Next

/
Thumbnails
Contents