Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZILÁGYI ILDIKÓ: L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue

118 Szilágyi Ildikó (XXXVII), la nuit n'a pas de pelouses se transforme en la nuit sait pas de pelouses (XVII), ou bien je soufjre aujourd'hui est change en ga souffre aujourd'hui (IX) et Octobre m'a toujours noyé dans la détresse en fiché dans la détresse (XXIII). 4 8 Les douze poémes des Derniers vers sont faits en grandé partié de vers empruntés au recueil précédent. En suivant les passages repris, on ne manque pas d'étre frappé par les exemples qui présentent des transformations de sens Ah ! c'est pas sa chair qui m'est tout, tout , Et suis pas qu 'un grand coeur pour elle, pour elle , (FBV, Le vrai de la chose V, v. 1—2) Et ce n'est pas sa chair qui me serait et je ne serais pas qu'un grand coeur (DV, Dimanches III, v. 51-52) On constate que le retour au langage moins familier (la présence du pronom personnel je et de la particule de la négation), avec l'emploi du conditionnel, entraine la modification de la combinaison des métres (on passe de 8 ä 11 syllabes). Le distique d'alexandrins de Figurez-vous un peu (II, v. 23—24) : Ainsi, elle viendrait, évadée, demi-morte , / Se rouler sur le paillasson qu'est á ma porte ! sera repris dans la piéce IX des Derniers vers (v. 37—38) avec cette différence : sur le paillasson que j'ai mis á cet ejfet devant ma porte. En allongeant l'alexandrin original (il compter a 19 vers) par des ajouts qui paraissent superflus, le poéte se moque de lui-méme. Les vers libres de Laforgue progressent par reprises et ruptures. N'offrant, par définition, aucune régularité prévisible, ils ne sont pas dépourvus de toute récurrence formelle. Les nombreuses interjections et apostrophes renforcent la tonalité lyrique du recueil, mais les changements de registre et les constructions syntaxiques reláchées neutralisent aussitőt le pathétique. Limitation de l'orahté se révéle en fin de compte un moyen privilégié de la mise ä distance, procédé qui différencie l'écriture de Laforgue de celle des autres premiers vers-libristes, et assure sa modernité. 48 Holmes, A. 1988. Laforgue au travail : des Fleurs aux Derniers Vers. In Laforgue aujourd'hui, textes réunis et présentés par J. Hiddleston. Libfäirie Jósé Corti, 118—119.

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