Budapest, 1946. (2. évfolyam)

2. szám - KŐHALMI BÉLA: Szabó Ervin emlékezete

24—XII : Féte de Noéi Les Iravaux continuent pendant la journée ; la nuit on se repose. 6—I—1946 : Le jour le plus émou­vant de la construction du pont. La grue flottante pose ä leur place les deux supports principaux de la grandé ouver­ture de Bude d'une ctendue de cin­quante-sept metres. 9—I : Commencement de la débácle des glaces qui menace le pont en con­struction. 11—I : Les communications sont interrompues entre Bude et Pest. Les ponts provisoires sont emportés par les glaces. Le Pont Kossuth est déja sur pied, immúnisé contre la débácle des glaces. 18—I : Ernő Gerő, ministre des communications remet le pont au trafic général, en présence des membres du gouvernement. Pest et Bude sont de nouveau reliés entre eux. Une fois le pont achevé, les membres éprouvés de la communauté de travail ne se donnent pas un seul moment de repos. Déja ils se sont mis ä reconstruire le Pont Franqois Joseph détruit afin que, pour le début de l'automne, non seulement les piétons et les autós, mais aussi les trams puissent eommuniquer entre Pest et Bude. LE BUDAPEST DE L'AYENIR Concours (Fidées pour un urbanisme adapté ä notre époque Au concours d'idées organisé en vue du développement urbain de Budapest, c'est l'architecte Aladár Jánosvölgyi Miinich qui a gagné le premier prix, avec son programme d'urbanisme intitulé „La Ville aux quatre angles" dont la concep­tion grandiose concernaiit la réorgani­sation de notre capitale est vraiment digne des grandes métropoles super­modernes du XXе siecle. Се plan de reconstruction est assez large pour contenir tous les bienfaits de l'urbanisme le plus moderne de meme que les résultats du progres technique les plus récents, en exploitant les possibilités uniques offertes par les maisons brűlées ou détruites de Budapest. L'auteur du plan qui connait bien tous les problemes, grands et petits, de la vie de notre capitale, prévoit une métropole avec un million et demi d'habitants, métropole salubre, clairement construite, aux communications parfaites. pareille á ces jeunes agglornératíons de nos conti­nents éloignés oü, parmi les hauts buildings de la City, aux larges avenues et aux pares publics verdoyants de mérne que dans les maisons de famille entourées de jardins des faubourgs, les citadins menent une vie agréable et hygiénique, en se servant sans accroc et en süreté de centaines de milliers d'automobiles. Apres les dévastations du siege et l'effet desolant des ruines, ce plan nous montre un Budapest plus beau, plus moderne, plus grandiose que l'ancien. Cependant ce n'est pas une Utopie : ä l'époque de Széchenyi inerae, véritable fondateur de notre capitale, qui eüt osé réver encore au Budapest d'ä présent avec un million d'habitants, apres les ravages des inondations du Danube et la débácle de la guerre de liberté? Endre Morvay LES NOUVELLES ACQUISITIONS DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS HONGROIS L'exposition des nouvelles acquisi­tions depuis la guerre et le siege de Buda­pest de notre Musée des Beaux-Arts, est un événement tres important de la vie artistique hongroise. Les achats heureux d'István Genthon, directeur général du Musée, achats qui assurent au Musée la possession de quatre chefs d'oeuvre de l'ancienne collection du baron Herczog, de plus un certain nombre d'autres oeuvres d'art léguées par Elek Petrovics, Jenő Káldi et Andor Dudits ä nos collections nationales signifient un enrichissement tres sérieux de ces collections. Nous pouvons у admirer des oeuvres de tout premier ordre, hongroises et étrangeres, comme p. ex. le rétable d'Ysenbrandt Adriaen, une téte d'Apótre peinte par le Gréco, Г Adorat ion du Saint-Sacrement, peinture de Gaudenzio, le tableau d'autel d'un peintre allemand du XYIe siecle et les meilleurs représentants'de l'art hollandais, espagnol, italien, allemand et franqais. La peinture hongroise est représentée par des maitres tels que Károly Markó, Mihály Munkácsy, Károly Ferenczy, József Rippl-Rónai, Béla Czóbel et bien d'autres ; parmi les sculptures, nous voyons figurer des oeuvres de Fülöp Beck, Béni Ferenczy, Pál Pátzay etc. En somme, cette exposition offre des coups d'oeil splendides sur l'évolution des beaux-arts, aussi bien en Hongrie qu'ä l'étranger. Jpnö Ropp INMEMORIAM ERVIN SZABÓ Ervin Szabó (1877—1918) fut non seulement l'un des meilleurs représentants du socialisme scientifique d'avant la premiere guerre mondiale, mais aussi l'un des fondateurs chez nous de la théorie du syndicalisme, enfin l'un des premiers porte-paroles et réalisateurs des grandes bibliotheques publiques moder­nes en Hongrie. Ce fut pendant ses études ä Vienne que, gräce ä ses relations avec des ré­volutionnaires russes tels que Samuel Kletochko ou Pál Keplov, il fit la dé­couverte du marxisme, découverte qui exerga une profonde influence sur sa vie. Des son retour en Hongrie, il entre au service d'une bibliotheque, non pas pour s'y adonner ä ses propres études scientifiques, mais pour pouvoir partici­per au grand mouvement moderne des bibliotheques et pour contribuer ainsi au relevement spirituel de la classe ouvriere hongroise. Ayant bientót pris connaissance de son activité bibliogra­phique.l'Institut International de Biblio­graphie a Bruxelles le charge de la rédaction d'une bibliographie internatio­nale des sciences économiques. Son tra­vail parut bientöt sous le titre de Biblio­graphia Economica Universalis. En 1904, il est nőmmé ä la tete de la Bibliotheque Municipale de Budapest dont il fait en quelques années une véritable »public library« moderne. Son activité de bibliothécaire n'est qu'une partié de sa vie, un fragment de son legs spirituel. II fut en meine temps l'un des leaders de la jeunesse socialiste, chroniqueur de la Voix du Peuple, organe du parti socialiste, l'un des di­recteurs principaux de la Société de Sociologie, seule association scientifique ä cette époque des intellectuels hongrois progressifs, et collaborateur principal du Vingtieme Siecle, organe de cette Société. II collabora également aux grandes revues étrangeres consacrées au socialisme théo­rique; ses articles se rapportant ä la théorie du syndicalisme furent publiés dans le Mouvement Socialiste. Ici, chez nous il appliqua une critique marxiste créatrice ä la tactique générale du mouve­ment socialiste hongrois. Souvent ses livres ou ses essais déchainerent des discussions orageuses. Toute son activité fut inspirée par l'idée de préparer la classe ouvriere hongroise ä un role ré­volutionnaire ä venir. Quelques mois avant sa mort, TAcadémie Soviétique put encore lui décerner ses plus hautes récompenses scientifiques en l'invitant parmi ses membres et parmi ses pro­fesseurs. „„ T ,„, . . tíela Kőhalmi 83

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