Sources du passé de Budapest 1686-1950 - Budapest Főváros Levéltára forráskiadványai 5.(Budapest, 1971-1973)

Dans l'histoire d'après 1945 de notre ville, l'armée soviétique a inscrit son nom. Nous nous souvenons d'elle non seulement comme de notre libératrice, mais nous n'oublierons jamais l'appui matériel et moral qu'elle nous a assuré au cours de ces mois difficiles dans nombreux domaines du renouveau. De par leur nature, l'activité aux champs de bataille et la simple vie de tous les jours nous ont laissé peu de documents, ainsi n'avons pu rassembler que des docu­ments relatifs au secours en denrées alimentaires apporté que l'armée soviétique avait offert à la population souffrant de faim et à la jonction par des pontons des deux parties de la capitale déchirée. C'est pourquoi nous ne sommes pas en mesure d'il­lustrer ne fût-ce qu'en grandes lignes l'aide que l'armée soviétique prêta à la population de Budapest moyennant la mise en marche de la production dans les fabriques, l'as­surance de l'ordre établi, l'organisation de l'administration publique et de la vie culturelle. Le deuxième chapitre de notre volume commence par les élections — plus pré­cisément, la préparation des élections municipales qui eurent lieu en octobre 1945. A côté de leur importance nationale, les élections avaient le but de faire parvenir à la place du corps administratif provisoire un conseil municipal élu, au moyen d'un scrutin démocratique, par la majorité de la population. Les élections démocratiques reflétaient fidèlement l'activité politique accrue après la libération. En vertu de la loi électorale adoptée en septembre 1945, 72.8 pour-cent de la population avaient droit au vote et 91.2 pour-cent bénéficiaient de ce droit. En 1935, lors des dernières élections municipales de l'époque contre-révolutionnaire ce ne furent que 27.9 pour-cent de la population qui avaient le droit de participer au scrutin et seulement 76.9 pour-cent en passèrent au bureau de vote. Lors des élections municipales de l'automne 1945 les deux partis ouvriers se présentèrent sur la même liste électorale et obtinrent 43 pour-cent des votes, ne restant ainsi que peu en arrière du Parti des Petits Propriétaires qui avait remporté la majorité des voix (50.2 pour-cent). Le résultat des élections municipales témoigna de ce que, malgré le régime contre-révolutionnaire de 25 ans, dans le bref laps de temps écoulé depuis la libération, les partis ouvriers, en premier lieu le Parti Communiste Hongrois s'étaient acquis une grande influence dans la capitale, et ceci non seulement dans les quartiers ouvriers. Des bulletins de vote déposés il ressortit cependant aussi que le Parti des Petits Propriétaires avait réussi à aligner derrière lui les larges masses de la bourgeoisie, de l'ancienne classe moyenne des fonctionnaires et des employés privés, ainsi que de la petite bourgeoisie urbaine. Dans le parlement élu de la capitale, le Parti des Petits Propriétaires disposait de 121 mandats, les deux partis ouvriers de 103, le Parti Démocratique Bourgeois de 9, le Parti Paysan National de 5 et le Parti Radical Hongrois de 2 mandats. La ma­jorité du Parti des Petits Propriétaires recelait un grave danger, puisque dans les rangs du conseil municipal élu, prédominaient les membres appartenant à la droite du parti. Au cours des élections nationales, les partis ouvriers soutinrent une autre fois l'épreuve de force. En dehors de la capitale le Parti Communiste Hongrois obtint un quotient élevé dans les centres industriels de province, dans la région nommée

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