Sources du passé de Budapest 1686-1950 - Budapest Főváros Levéltára forráskiadványai 5.(Budapest, 1971-1973)

limitation des capitalistes à partir de leur éloignement des comités d'entreprise jus­qu'aux nationalisations, et dans les rues de la capitale, c'est ainsi que sur la place Hősök tere des centaines de milliers d'ouvriers prirent position pour la protection des terres allouées, pour l'épuration de l'administration publique, pour le débusque­ment des ennemis du régime de démocratie populaire de la coalition, etc. Nombreux membres de la classe ouvrière se sont chargés d'un travail dévoué dans les diverses régions du pays afin d'accélérer l'édification de la nouvelle Hongrie populaire. Ils appuyaient toutes les aspirations progressistes, qu'on a vu s'épanouir pour la pre­mière fois — abstraction faite de l'époque de la République des Conseils — dans la vie intellectuelle du pays. Mais la présentation de tout ceci aurait dépassé le cadre de notre volume, nous n'avons donc pu entreprendre que l'exposition d'une partie de cette activité de grande envergure : en premier lieu celle se rapportant directement à l'administration municipale, à la vie de la capitale. Budapest était le centre, la citadelle, non seulement de la classe ouvrière, mais aussi de la bourgeoisie hongroise. C'est ici que se concentrait la majorité des fonc­tionnaires publics et des employés de bureau et que vivait une partie considérable de la petite bourgeoisie et de la classe intellectuelle. Ces forces hétérogènes au point de vue social, aussi bien que politique, déterminaient — par la voie de leurs repré­sentations politiques constituées à l'époque de la contre-révolution — la vie du pays et de la capitale. Grâce à la révolution, cette formule politique qui avait été valable pendant vingt-cinq ans, s'écroula et il se produisit une situation foncièrement diffé­rente. Il fallut un certain temps jusqu'à ce que la bourgeoisie hongroise et ses alliés revinrent de l'étourdissement causé par leur défaite et reconstituèrent leurs formations politiques. Par rapport à la période précédente, cette représentation politique s'était modifiée dans une si forte proportion que même les partis oppositionnels bourgeois existant à l'époque de la contre-révolution purent à peine renaître après la libération. Le Parti Démocratique Bourgeois — qui d'ailleurs était membre du Front de l'Indé­pendance Nationale Hongroise — et le Parti Radical Hongrois ne réussirent pas à devenir de facteurs politiques importants dans la capitale, leur rôle et leur poids devinrent de plus en plus insignifiants. Après les hésitations du début, la bourgeoisie de Budapest et ses alliés s'alignèrent derrière le Parti Indépendant les Petits Pro­priétaires — qui jusqu'alors n'avait presque pas déployé d'activité dans la capitale — en compromettant par là fortement son caractère paysan. La contradiction qui en résulta, joua un rôle décisif dans la crise intérieure qui après 1945 devint de plus en plus aiguë. La bourgeoisie de la ville de Budapest qui s'était acquis la représentation politique grâce au Parti Indépendant des Petits Propriétaires, concentra ses forces pour la plupart à la solution de problèmes de portée nationale. Dans notre volume, nous avons cherché à suivre les traces de l'influence qu'elle avait exercée sur l'ad­ministration et la vie de la capitale. Le Parti Paysan National prenant partie à la coalition n'exerçait pas d'in­fluence notable sur les grandes masses, le nombre de ses membres — se recrutant surtout d'intellectuels venus de la province, d'étudiants et d'employés — passait à peine les quatre mille. Le Parti Paysan National n'élabora pas de politique municipale indépendante, sa représentation dans la municipalité n'était pas considérable.

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