Szilágyi András (szerk.): Ars Decorativa 16. (Budapest, 1997)

PANDUR Ildikó: Alexandre Charpentier művei és a budapesti Iparművészeti Múzeum

ratifs permettant d'acquérir des connais­sances de base en matière de sculpture.» 5 L'incertitude quant à la définition des dif­férents domaines, clairement perceptible dans la numismatique et découlant des chan­gements de styles, est flagrante: à l'Expo­sition Universelle de Paris, par exemple, «les deux genres de la glyptique étaient regroupés avec la sculpture en une seule catégorie dont l'appréciation était confiée à un seul jury. Mais la tendance actuelle rattache la numis­matique plutôt à la peinture qu'à la sculp­ture. [1902]» 6 Le fait que de nombreux peintres et sculp­teurs qui n'étaient pas des médailleurs, tels que Jules Chéret, Jules Brateau ou René La­lique aient travaillé dans ce domaine démontre à quel point la popularité des médailles et plaquettes était grandissante au début du siècle. 7 De nouvelles sociétés de numisma­tique, de nouvelles revues spécialisées dans le domaine ont vu le jour pendant cette pé­riode. 8 Les supports décorés par des mé­dailles ou des plaquettes sont très diversifiés; on peut par exemple admirer une série de six plaquettes françaises montées sur l'écran de table en cuir au Musée des Arts Décoratifs (Fig. 2). L'une d'entre elles est la populaire médaille de l'anniversaire de mariage d'Os­car Roty, dont les exemplaires pourvus d'un cadre en émail ajouré peuvent être portées comme médaillon. 9 Les plaquettes étaient aussi utilisées pour décorer des meubles. Lors de la création d'ameublements «Mo­dern-Style» unifiés et harmonisés, les artistes investissaient beaucoup d'attention aux dé­tails (tels le dessin des serrures de porte ou les ferrures des meubles). Lors de l'Expo­sition Universelle de 1900 à Paris, Jenő Ra­disics concentra son choix entre autres «au cercle des articles d'ameublement». 10 Il con­sacra la somme allouée «à l'achat d'objets d'art décoratif moderne» par le Ministère de l'Education Religieuse et Publique dirigé par Gyula Wlassics, ainsi que celle offerte pour l'acquisition de 15 pièces par secrétaire du ministère Pál Majovszki à l'achat, à Paris, de 47 médailles et plaquettes. (Ces oeuvres ex­clusivement françaises formaient près d'un tiers des 128 pièces acquises au total). Huit des oeuvres destinées à servir d'exemple aux artistes hongrois étaient des créations d'Ale­xandre Charpentier, à qui le jury de sculpture de l'Exposition Universelle de Paris attribua le Grand Prix, tandis que la Légion d'Hon­neur lui fut décernée par l'Etat français." Alexandre-Louis-Marie Charpentier (Pa­ris, 18561e 10 juin - Neuilly-sur-Seine Hauts­de-Seine, le 4 mars 1909), apprécié pendant sa vie pour ses sculptures, doit aujourd'hui son renom moins aux statues monumentales dont il fut l'auteur qu'aux plaquettes qu'il exécuta en grand nombre. Mais son activité s'étendait pratiquement à tous les domaines des arts décoratifs. Il commença sa carrière en tant qu'apprenti graveur dans un atelier d'orfèvrerie. Les carreaux de faïence pour salle de bain qu'il dessina avec Félix Aubert furent exécutés par la maison Sarreguemi­nes. 12 A l'Exposition Universelle de Paris, il présenta entre autres un ensemble de salle à manger. 13 Il participa avec Jules Chéret, Félix Bracquemond et Albert Besnard aux travaux de décoration de la villa La Sapinière à Evian, ainsi que, en collaboration avec Henri Sau­vage, à ceux de la Villa Majorelle à Nancy. 14 Il utilisait volontiers ses plaquettes pour décorer meubles, portes, pendules 15 , bijoux, couvercles de boîtes, etc. Il exécuta aussi des oeuvres de cuir repoussé (boîte à cigares, bonbonne, etc.). 16 La musique était un thème privilégié de Charpentier, lui-même violoniste amateur. Ce sujet devint un motif récurrent non seulement sur des objets s'y rapportant, tels le violon décoré d'un choeur de ballerines 17 ou le piano en ébène destiné au baron Vitta 18 , mais aussi sur des boutons et serrures de porte, un couvercle de boîte à joujoux, des bijoux, etc. L'artiste dessina non seulement les plans de l'armoire et du lutrin 19 de son salon de musique, mais aussi les ferrures des portes. La paire de plaquettes décorant des serrures de porte et portant le titre de «Mu­sique» et «Chant» (Fig. 3) 20 , présentée par l'artiste avec la paire plus tardive intitulée

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