Szilágyi András (szerk.): Ars Decorativa 15. (Budapest, 1995)
VADÁSZI Erzsébet: „Magyar Versália" - Jelzett sarokszekrények Eszterházán
bronze et un dessus de marbre verdâtre bariolé. Dans la chambre n° 76 dite chinoise, tout le mobilier, y compris les trois encoignures, est orné de vieux laque de Chine avec une bordure rouge 47 . L'encoignure à une porte 48 , de la sacristie est d'une exécution simple, tandis que celle de la chambre d'hôte n° 82 est plaquée de noyer et ornée de poignées de bronze 49 . Dans la chambre seigneuriale n° 1 du premier étage on trouve une encoignure de noyer plaqué de couleur brune, à une porte, et marqueterie en damier 50 . Son pendant 51 se trouvait, d'après l'inventaire, dans la chambre n° 2 où il y avait encore une autre encoignure de cerisier 52 . D'après l'inventaire, encore un meuble de grande valeur fut placé dans la chambre n° 68, à droite de la Sala Terrena, près du cabinet d'argenterie, là où les encoignures furent exécutées de la même manière que la commode: «un secrétaire en marqueterie richement incrusté, sur le panneau une dédicace en français sur une plaque d'ivoire: A Nicolas Esterházy, en souvenir de sa visite, Marie-Thérèse» 53 . Nous ne considérons pas comme l'effet du hasard que lorsqu'en 1773 Marie-Thérèse se rendit à Esterháza pour assister à une bonne représentation d'opéra, elle offrit en cadeau à son amphytrion le prince un meuble, probablement un secrétaire français. Bien que Rotenstein relate cette visite, nous citons tout de même le rapport de l'envoyé spécial du journal Fővárosi Lapok, fait cent ans plus tard, en 1868, sur «les fêtes brillant du faste oriental» avec le titre «Un morceau de Versailles en notre pays». «Le cinq septembre 1773 fut un grand jour à Eszterháza. C'est de l'Ouest qu'arriva l'attelage de six cheveaux... Les six gris étaient de l'écurie d' Esterházy. Ce fut la reine avec une dame d'honneur qui était assise dans la carrosse. Derrière eux, à une distance respectueuse, les calèches de la suite. A la porte, le prince accueillit ses hôtes, vêtu d'un costume traditionnel de grande valeur dont les pierres précieuses furent récemment mises aux enchères de Londres. La reine monta dans la chambre de l'empereur sur un tapis d'Orient, conduite par le prince qui tenait les doigts de sa main gauche tendue. Les hôtes illustres trouvèrent un formidable accueil moyenâgeux dans le château hongrois. Le prince ne se lassa pas de divertir la reine... A l'Opéra on donna la pièce intitulée 1' Inf edel tà delusa de Haydn, 54 dans laquelle le violoniste Tomassini jouait si merveilleusement au dernier acte que la reine en devint émue jusqu'aux larmes.» Au Théâtre des Marionnettes on joua une autre pièce de Haydn intitulée Alceste et «la souveraine fut étonnée des changements de scènes imperceptibles qui faisaient honneur à l'ingéniosité de Paversbach.» Ces représentations plurent à tel point à Marie-Thérèse que-selon la légende - elle voulait faire la connaissance du compositeur de la cour; aussi fut-elle servie, lors du soupe dans la salle d'honneur par Haydn lui-même. Et Haydn lui raconta une des expériences de son enfance, relative à l'impératrice: l'histoire des coups de verge. Il était chanteur à la chapelle de Schönbrunn et d'habitude il montait après la messe, avec ses compagnons sur les échafaudages des constructions réalisées au château. Il continuait de le faire lendemain aussi, malgré qu'on le lui avait défendu. Aussi fut appelé à la cour Reiter, le directeur du choeur des garçons. Reiter retourna avec une verge à la main et dit à l'enfant Haydn: Tu auras l'honneur de recevoir de ma main des coups de verge sur ordre suprême. Reiter raconta plus tard que l'impératrice s'était pleint d'un garçon blond à grande tête qui bougeait tout le temps au rang supérieur. Reiter reconnut le petit Haydn qui reçut ainsi, malgré toutes ses protestations, les coups de verge ce qui - comme le dirait Marie-Thérèse - donna ses fruits. Le lendemain, lorsque Haydn était encore au lit, un laquais de l'impératrice lui remit une superbe tabatière en disant que c'était un cadeau de la personne qui eut ordonné les coups de verge.» Les fêtes splendides d'Esterháza ont pris fin avec la mort de Nicolas Esterházy le Fastueux. Ses descendants transférèrent leur siège à Kismarton f Eisenstadt]. Imre Vahot dans le deuxième volume de son livre La Hongrie et la Transylvanie par I image publié en 1853 ne pourrait écrire sur la période de gloire d'Eszterháza que des mots qui correspondent également avec la triste réalité d'aujourd'hui: «En général, on peut